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Un expert de l'ONU appelle Téhéran à ne pas exécuter une femme

14/04/2014 12:27 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

L'expert spécial de l'ONU sur l'Iran a exhorté Téhéran à ne pas exécuter mardi Reyhaneh Jabbari, une décoratrice d'intérieur accusée d'avoir assassiné en 2007 un ex-employé du ministère iranien des Services de renseignements, dénonçant l'irrégularité de son procès.

"Les autorités iraniennes devraient revoir son cas et le renvoyer au tribunal pour un nouveau procès, en s'assurant que les droits de la défense seront garantis en vertu du droit international et du droit iranien", a demandé lundi Ahmed Shaheed, dans un communiqué.

Reyhaneh Jabbari a été condamnée à mort après avoir été accusée d'avoir prémédité le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, un ancien employé du ministère iranien des Affaires étrangères, selon M. Shaheed qui estime que la cour n'a pas pris en compte toutes les preuves et que les aveux de la décoratrice ont été obtenus sous la contrainte.

Lundi, le procureur général iranien, Gholam Hossein Mohseni Ejeie, a indiqué pour sa part que les informations affirmant que Mme Jabbari serait exécutée dans les prochains jours n'étaient que "pure spéculation".

Selon son avocat, Abdolsamad Khoramshahi, cité par l'agence de presse officielle INRA, la date de l'exécution n'a pas été fixée. "Sa peine sera exécutée d'ici un mois si la famille de la victime ne lui fait pas grâce", a-t-il ajouté.

"Selon des sources fiables" citées par l'expert de l'ONU, Morteza Abdolali Sarbandi aurait proposé à Mme Jabbari de refaire son bureau en juillet 2007. Selon ces mêmes sources, l'homme aurait emmené Reyhaneh Jabbari chez lui où il l'aurait agressée physiquement et sexuellement. Cette dernière, cherchant à se défendre, l'aurait poignardé avant de s'enfuir et d'appeler une ambulance.

"Le cas de Mme Jabbari soulève de graves préoccupations relatives à la procédure, en particulier en ce qui concerne son interrogatoire et la réticence de la cour à prendre en compte toutes les preuves pertinentes au moment du jugement", a souligné M. Shaheed.

Il cite ainsi le rapport d'un médecin démontrant la présence d'un tranquillisant dans un verre de jus trouvé sur la scène de crime.

Il a également déploré que la condamnation à mort de Mme Jabbari soit basée sur des aveux obtenus sous la contrainte, voire même "la torture".

Plus de 170 personnes, y compris au moins deux femmes, ont été exécutés depuis le début de 2014 en Iran, selon M. Shaheed qui dénonce un pic des exécutions cette année.

apo/ai

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