NOUVELLES

Un ex-membre du Politburo chinois en eaux troubles

14/04/2014 08:13 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Au-delà de la disparition du vol MH370, un autre mystère captive la Chine ces jours-ci. Qu'arrivera-t-il de Zhou Yongkang, l'un des hommes les plus puissants et influents du pays? 

Un texte d'Yvan Côté Twitter Courriel

L'ancien membre du Comité permanent du Politburo et responsable de la sécurité publique est presumément sous enquête pour corruption. Aucune accusation n'a encore été déposée contre lui, mais une dizaine de ses proches ont été arrêtés, dont son fils et son frère.

Cette affaire passionne la population et s'inscrit dans la lutte acharnée à la corruption qu'a promis de livrer le président Xi Jinping. Lors de son arrivée au pouvoir il y a un peu plus d'un an, le numéro un de la Chine s'était engagé à s'en prendre « aux mouches et aux tigres » qui ne respectent pas les règles du parti. Une figure de style pour indiquer que personne ne serait à l'abris des foudres du régime, pas même les hauts dirigeants.

Pour le moment, peu de détails ont filtré au sujet de la possible enquête de ce qui pourrait être le plus important « tigre » à ne jamais être arrêté dans le pays. L'opacité n'est pas nécessairement une surprise en Chine. Le système de justice chinois a ses propres façons de faire. Il n'est pas rare qu'un suspect disparaisse pendant des semaines, sinon des mois, avant de réapparaître de façon inattendue pour être finalement inculpé officiellement. Dans le cas de Zhou, le procédé est un peu différent. L'homme de 71 ans est tout simplement prisonnier dans sa propre maison, en résidence surveillée, selon des médias locaux.

Plusieurs de ses collaborateurs n'ont cependant pas droit à cet honneur. Liu Han, un milliardaire qui a fait fortune dans l'industrie pétrolière et les mines alors que Zhou était responsable de la China National Petroleum Corporation, est accusé de malversation. Guo Yongxiang, ancien vice-gouverneur du Sichuan a été inculpé pour corruption et surtout Bo Xilai, un politicien flamboyant, ami de Zhou qui était en lutte avec Xi Jinping pour devenir président, purge maintenant une peine de prison à vie pour avoir détourné des fonds publics.

Une fortune collosale

À défaut d'accusation, l'étau semble malgré tout se resserrer autour de Zhou. Des journalistes de Reuters ont rapporté il y a quelques jours que les autorités avaient saisi des biens d'une valeur de 14,5 milliards de dollars appartenant aux proches de l'ancien haut dignitaire. Parmi les avoirs réquisitionnés, on compte 300 appartements, plusieurs villas, une soixantaine de voitures, de l'or, des bijoux et des centaines de milliers de billets de banque en devises étrangères.

Cette information n'a toutefois pas été confirmée par le gouvernement, et le montant pourrait être revu à la baisse si Zhou est inculpé, selon des analystes, qui croient que l'on voudra éviter d'exposer au grand jour les fortunes que peuvent accumuler les dirigeants.

Autre possible inquiétude du régime, selon des gens près du dossier et qui refusent de s'afficher publiquement : quelle sera la contre-attaque de l'ancien chef de la sécurité publique? Comme grand patron des services secrets en Chine, Zhou détient probablement une tonne d'informations sur ses confrères et ennemis. Plusieurs pensent que ces renseignements pourraient expliquer la lenteur de l'enquête.

Le président Xi Jinping tente d'arracher une à une les dents du « tigre » en se débarrassant de tous ceux qui l'entouraient. Ainsi, Zhou, l'ancien bonze du parti, considéré à une époque, comme l'un des hommes les plus puissants du pays, deviendra aussi inoffensif qu'un chaton.

PLUS:rc