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Ukraine : l'UE montre Moscou du doigt et élargit ses sanctions

14/04/2014 02:31 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a décidé lundi d'allonger la liste des Russes et des Ukrainiens pro-russes visés par des sanctions ciblées, mettant directement en cause la Russie pour "l'escalade" de la situation dans l'est de l'Ukraine.

Réunis à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères ont insisté sur "l'importance décisive" de la réunion prévue pour jeudi à Genève entre Ukrainiens, Russes, Américains et Européens.

"Il est crucial que la Russie et l'Ukraine s'engagent dans un dialogue utile" pour "lancer le processus de désescalade", a déclaré Catherine Ashton, qui dirige la diplomatie européenne.

Si, à l'issue de la rencontre de Genève, une extrême tension devait persister dans l'est de l'Ukraine, les Européens pourraient décider de passer à la "phase 3" des sanctions, celles d'ordre économique, susceptibles de frapper plus durement la Russie.

Dans ce cas, un sommet extraordinaire des chefs d'Etat ou de gouvernement de l'UE devrait se dérouler "la semaine prochaine" à Bruxelles, a indiqué le ministre français, Laurent Fabius.

"L'objectif" de l'UE, "c'est à la fois de faire preuve de fermeté et de garder le dialogue ouvert", a-t-il résumé, sur fond de poursuite d'intenses contacts diplomatiques entre les différentes capitales.

La décision d'étoffer la liste des sanctions ciblées a été prise pour protester contre la prise de bâtiments publics par des insurgés pro-russes dans plusieurs villes de l'est de l'Ukraine, comme Slaviansk, depuis samedi.

Le nombre et les noms des personnes visées par des restrictions de visa d'entrée dans l'UE et le gel d'avoirs seront annoncés dans les prochains jours par le service diplomatique de l'UE.

Ce dernier a déjà placé sur cette liste 33 personnalités, dont des proches du président russe Vladimir Poutine, après le rattachement de la Crimée à la Russie.

- "Planifié par la Russie" -

"Ce qui s'est produit au cours des dernières 48 heures est clairement une nouvelle escalade dans la crise en Ukraine, et elle est très dangereuse", a déclaré le ministre britannique, William Hague.

"Il ne fait aucun doute qu'elles (les opérations) ont été planifiées et organisées par la Russie (...) car les forces impliquées agissent exactement comme l'ont fait les forces russes en Crimée", a estimé M. Hague, selon lequel "les dénégations de la Russie n'ont pas la moindre crédibilité".

"Il y a de nombreux signes selon lesquels, dans l'est de l'Ukraine, des groupes armés actifs reçoivent le soutien de la Russie", a assuré le gouvernement allemand. "Quand on voit le comportement, les uniformes et les armes portées par quelques-uns de ces groupes, il ne peut pas vraiment s'agir de groupes de défense de citoyens qui se sont auto-créés", a dit une porte-parole, Christiane Wirtz.

Malgré ce contexte, plusieurs ministres européens ont exprimé leurs réticences à durcir les sanctions jusqu'à la "phase 3".

"On ne va pas résoudre le problème avec des sanctions", a déclaré le Luxembourgeois Jean Asselborn. "La Russie s'est déjà sanctionnée elle-même, du point de vue des investissements, de la fuite des capitaux et de la baisse de la monnaie. Ce sont des sanctions très importantes".

Les ministres ont parallèlement renforcé le soutien au gouvernement pro-européen de Kiev, confronté à des difficultés économiques et financières de plus en plus importantes.

Ils ont donné leur feu vert à un prêt d'environ un milliard d'euros et à une réduction des droits de douane des produits exportés vers l'UE, qui doit permettre à l'Ukraine d'économiser près de 500 millions d'euros en année pleine.

Ces mesures sont comprises dans le programme d'assistance financière de 11 milliards d'euros décidé par les 28 en mars, dans le cadre de la signature du volet politique d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine.

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