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Pulitzer : quatre journalistes hérauts des révélations de Snowden

14/04/2014 04:48 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Quatre journalistes se cachent derrière le prix Pulitzer décerné lundi aux journaux The Guardian et The Washington Post, qui ont révélé l'ampleur des programmes américains de surveillance, grâce à des documents fournis par Edward Snowden.

- Glenn Greenwald, un ancien avocat des libertés civiques.

Il est devenu le plus connu des journalistes quand il a révélé dans les pages du Guardian l'étendue des programmes de l'agence américaine de renseignement NSA.

Né à New York, vivant au Brésil, M. Greenwald s'est d'abord spécialisé dans les droits civiques avant de se tourner en 2005 vers l'écriture et le "journalisme de combat". Il estime notamment que les efforts des journalistes pour rester objectifs "affaiblissent la profession".

Il a fait éclater l'affaire le 5 juin 2013 en révélant que la NSA avait collecté des millions de données téléphoniques auprès de l'opérateur américain Verizon, suivant la décision d'un tribunal secret. Le nom de sa source, Edward Snowden, ne sera révélé que le 9 juin.

Le journaliste a ensuite continué à écrire sur d'autres programmes de la NSA, son partage de données avec les services britanniques GCHQ ou l'espionnage de dirigeants mondiaux.

Le directeur du renseignement James Clapper a qualifié ceux qui travaillaient avec M. Snowden de "complices", et leur a demandé de rapporter les documents pour ne pas causer de "dégâts supplémentaires" à la sécurité nationale.

M. Greenwald a rejoint cette année le site internet d'information "The Intercept" lancé par le fondateur d'eBay, Pierre Omidyar.

- Barton Gellman, un habitué de la chasse aux secrets.

Ce journaliste du Washington Post a déjà gagné deux Pulitzer: en 2002 avec l'équipe du quotidien pour la couverture des attentats du 11 septembre 2001, puis en 2008 avec sa collègue Jo Becker pour ses révélations sur l'influence du vice-président Dick Cheney sur la présidence de George W. Bush.

Il a notamment travaillé avec la réalisatrice américaine de documentaires Laura Poitras, avec laquelle il a obtenu un accès direct à Edward Snowden.

Etudiant à l'université Princeton en 1981, il y dénonçait déjà la "préférence particulière de l'administration pour le secret".

M. Snowden "voulait seulement parler en utilisant des canaux très secrets, très sécurisés, et (Laura Poitras) est venue vers moi un jour et m'a demandé +est-ce que je peux vous parler en toute confiance?+. Et elle m'a montré des notes sur ces conversations", a raconté M. Gellman sur la radio NPR.

Il s'est dit lundi "très heureux" du Pulitzer décerné à son journal, ajoutant être "soulagé de n'avoir pas fait tout rater".

- Laura Poitras, réalisatrice en coulisses.

Cette journaliste et réalisatrice, qui vit à Berlin, fut l'un des premiers contacts d'Edward Snowden quand Glenn Greenwald a d'abord ignoré les messages que lui envoyait l'ancien consultant.

M. Snowden "n'arrêtait pas de me harceler, mais à un moment ça l'a frustré et il est allé vers Laura", a raconté Glenn Greenwald au New York Times.

Laura Poitras a aussi "mis au point toute la sécurité opérationnelle" des révélations. Elle a filmé l'interview de M. Snowden à Hong Kong qui a été ensuite publié sur le site du Guardian.

Elle a également co-signé un article dans le Washington Post avec Barton Gellman le 6 juin sur le programme Prism, qui permet à la NSA d'accéder aux serveurs des géants de l'internet.

Mme Poitras a rejoint comme M. Greenwald "The Intercept".

- Ewen MacAskill, spécialiste du renseignement au Guardian.

Ce journaliste en charge des questions de défense et de renseignement au Guardian s'est rendu à Hong Kong avec M. Greenwald et Mme Poitras pour interviewer pendant plusieurs jours M. Snowden.

M. MacAskill a dirigé le bureau du Guardian à Washington de 2007 à 2013, après avoir été le correspondant diplomatique du quotidien britannique.

"J'ai tendance à croire que (Snowden) est un lanceur d'alerte. Il était à la CIA, il était à la NSA (...) et il n'a pas aimé ce qu'il a vu là-bas", a-t-il estimé, louant Edward Snowden pour son "courage" d'avoir "choisi de ne pas rester anonyme".

M. MacAskill a souligné qu'avec ses autres collègues journalistes il avait fait "très attention de ne pas publier quoi que ce soit qui mettrait en danger les services de sécurité" américains.

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