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D'une petite voix, Oscar Pistorius se défend encore de mentir

14/04/2014 05:42 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Oscar Pistorius weeps as he listens to evidence by a pathologist in court in Pretoria, South Africa, Monday, April 7, 2014. Pistorius is charged with murder for the shooting death of his girlfriend Reeva Steenkamp, on Valentines Day 2013. (AP Photo/Themba Hadebe, Pool)

D'une toute petite voix, si faible que la juge l'a sermonné, Oscar Pistorius a recommencé lundi à se défendre face au procureur qui affirme que sa version du meurtre accidentel de son amie en 2013 est un tissu de mensonges.

"M. Pistorius, votre version est si improbable qu'elle ne peut raisonnablement pas être vraie", a-t-il déclaré à la reprise de l'audience, suspendue au bout d'une heure et demie quand Pistorius, s'est écrié qu'il avait sommé le cambrioleur de sortir de chez lui avant de tirer.

"Tu dégages de ma putain de maison!", a glapi à la barre le champion paralympique, comme revivant cette nuit dramatique de la Saint-Valentin 2013 où il assure ne pas s'être rendu compte que son amie s'était levée avant de tirer quatre fois sur la porte fermée des WC.

Cette confrontation clé entre l'athlète de 27 ans et le procureur dure maintenant depuis mercredi. Pistorius, qui plaide non coupable, n'a pas le droit de consulter son avocat.

Personne ne sait combien de temps le procureur Gerrie Nel peut s'acharner et le garder à la barre, reposant sans cesse les mêmes questions, l'accusant de choisir ses mots, d'être évasif, d'avoir des trous de mémoire sélectifs et l'entraînant dans d'exténuantes disputes sémantiques à l'implication juridique obscure.

Le procureur avait marqué des points la semaine dernière, démontrant comment Pistorius, prisonnier de sa ligne de défense consistant à tout nier en bloc, fuit ses responsabilités, qu'il s'agisse du meurtre, de l'intention homicide ou même des infractions plus mineures versées au dossier.

Lundi, la stratégie du procureur semblait plus convaincante.

M. Nel a commencé par questionner la raison de la présence par terre du jean de la victime, la top-modèle de 29 ans Reeva Steenkamp, alors qu'elle était une jeune femme "très ordonnée".

- Du sang sur la couette -

"Sa voiture était en bazar mais sa chambre très bien tenue", a admis Pistorius. Pourquoi alors le jean de la victime traînait-il hors de son sac impeccablement rangé?

Et pourquoi les claquettes de Reeva apparaissent sur les photos de la police à l'opposé du côté du lit où elle a dormi ?

"(...) Elle voulait s'en aller et vous n'étiez pas en train de dormir, vous étiez tous les deux réveillés", a affirmé le procureur. "C'est inexact, madame le juge, ce n'est pas vrai", a répondu le jeune homme. "Et il y a eu une dispute", a ajouté M. Nel.

Pistorius, qui risque la perpétuité, soit 25 ans de réclusion incompressible, comparaît libre. Depuis plusieurs jours des fans viennent le soutenir, assistant aux débats ou l'attendant devant le tribunal, avec des fleurs, des ballons blancs avec écrit dessus "Oscar" ou "Love".

Soudé, le clan Pistorius est assis au premier rang, sa soeur Aimée, visiblement affectée, venant le conforter dans son box à chaque interruption d'audience.

La famille Steenkamp, à laquelle Pistorius a demandé publiquement pardon la semaine dernière, occupe la même rangée et des militantes de la Ligue des femmes de l'ANC, l'ancien parti de Nelson Mandela, vêtues de vert émeraude se relaient au côté de June, la mère de Reeva.

Le matraquage de M. Nel ne cesse pas.

Il veut savoir si Reeva aurait pu grignoter quelque chose durant la nuit. Sinon comment expliquer les reliefs d'un repas trouvé dans son estomac à l'autopsie ?

"Madame le juge, je ne peux pas commenter car la seule chose que je sais est que nous avions dîné après 19h00, "Je ne veux pas disputer ce point", répond Pistorius.

"Mais moi si, M. Pistorius, ce point que je vous oppose, est dévastateur pour votre version car il s'inscrit dans une série de faits objectifs et ça ne colle pas avec votre version", réplique du tac au tac le procureur.

A l'écran, il fait de nouveau projeter une photo des traces de sang retrouvées dans la chambre de Pistorius et il tente de le coincer.

S'il y a du sang sur la couette photographiée par terre, c'est donc qu'elle y était avant le crime? "Ne voulez-vous pas admettre, M. Pistorius, que vous avez fait une erreur et que la couette était bien par terre?" lance-t-il. "Je ne me rappelle pas que la couette était par terre", élude Pistorius, qui nie toute dispute.

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