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Plusieurs rivières sous surveillance, alors que de la pluie est attendue

14/04/2014 03:30 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Des riverains de plusieurs municipalités du Québec retiennent leur souffle, alors que de nouvelles précipitations de pluie sont attendues dans les prochaines heures et pourraient faire déborder quelques rivières.

Hydro-Météo, une entreprise spécialisée dans la prévision des crues, a émis des veilles d'inondations mineures pour les secteurs avoisinants les rivières Saint-François, Bécancour, des Mille-Îles, des Prairies, ainsi que la rivière Châteauguay dans le secteur de Huntingdon.

Les débits de ces rivières sont déjà élevés, explique l'hydrologue Sabrina Cardin-Ouellette. La fonte accélérée des neiges jumelée aux précipitations de pluie attendues pour la journée de mardi pourraient faire gonfler les niveaux d'eau à un niveau plus critique, poursuit-elle.

De l'eau pourrait alors s'accumuler sur des routes ou encore sur des terrains, prévoit Hydro-Météo, qui ne s'attend pas, pour l'instant, à des inondations majeures.

Une veille d'inondation a également été émise pour la rivière Chaudière, en raison de la formation d'embâcles qui, dans certains secteurs, ont déjà provoqué des inondations.

Sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, des avis de débâcles ont été diffusés puisque le couvert de glace pourrait céder prochainement sur plusieurs rivières. Des morceaux de glace pourraient alors rester coincés dans certains secteurs plus sinueux et former des embâcles, avertit Mme Cardin-Ouellette.

Lundi après-midi, c'était toujours dans la région de Chaudière-Appalaches où les niveaux d'eau étaient les plus critiques.

La situation était particulièrement inquiétante à Saint-Lambert-de-Lauzon où des amoncellements de glace en amont et en aval du pont enjambant la rivière Chaudière ont fait grimper le niveau de l'eau.

Une débâcle a donné lieu à des scènes spectaculaires, alors qu'une grande quantité de glace et d'eau se sont écoulées dans la rivière et sur ses berges, forçant l'évacuation d'une soixantaine de résidences.

«Deux embâcles ont cédé, ce qui a permis de revenir à l'eau libre. Nous n'avons pas fait de gestes et ça s'est réglé naturellement pour ensuite permettre aux citoyens de retourner chez eux», a fait savoir France-Sylvie Loisel, directrice du Bureau régional de la sécurité civile de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

À Beauceville, les autorités craignent le pire, alors que les précipitations nocturnes pourraient avoir un impact important sur la rivière Chaudière.

«On avait eu une période d'accalmie, mais avec les augmentations de températures, on a beaucoup de craintes et c'est sous haute surveillance», a ajouté Mme Loisel.

La rivière Portneuf s'est aussi faite menaçante pour des résidences et un commerce à Portneuf, tandis que des travaux de déglaçage étaient effectués sur la rivière Sainte-Anne à Saint-Raymond.

En Estrie, la rivière Tomifobia a débordé à Hatley, inondant deux résidences. Les eaux ont également fait des dommages à des résidences, des commerces et au centre communautaire de la municipalité de Saint-Ludger.

En Montérégie, la rivière Châteauguay a débordé à Hinchinbrooke, forçant la fermeture de certains chemins.

Quant à la rivière des Outaouais, elle n'était plus menaçante à Rigaud et les 22 résidences qui s'étaient retrouvées isolées sont maintenant reliées au reste de la ville.

Christine Savard, porte-parole de la Sécurité civile pour la Montérégie et l'Estrie, explique que trois phénomènes caractérisent la saison des crues printanières au Québec.

«D'abord, il y a la débâcle avec le couvert de glace. Le deuxième est la fonte de la neige qui apporte beaucoup d'eau, de pair avec les précipitations. Le dernier facteur est la situation des grands bassins, comme la rivière Richelieu et le lac des Deux-Montagnes, que nous allons devoir surveiller pendant plusieurs semaines», a-t-elle expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

La crue printanière actuelle n'est pas pire que lors de certains épisodes des dernières années, affirme Mme Savard, mais elle impose néanmoins une importante mobilisation des services d'urgences et une surveillance constante des cours d'eau.

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