POLITIQUE

Ottawa autorise le kirpan dans les missions canadiennes à l'étranger

14/04/2014 02:37 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT
Getty

OTTAWA - Ottawa autorise les sikhs à porter le kirpan dans les missions du Canada à l'étranger, un geste qui fera la promotion des «valeurs canadiennes» dans le monde, soutient le gouvernement.

Le fédéral en a fait l'annonce lundi à Brampton, en Ontario, où vit une importante population sikhe. L'annonce coïncide aussi avec le Vaisakhi, une importante fête dans cette communauté.

«La nouvelle politique de notre gouvernement sur le kirpan servira d'exemple et fera la promotion des valeurs canadiennes dans le monde entier», a déclaré le ministre d'État au multiculturalisme, Tim Uppal.

Cette décision suit d'une semaine une récente sortie du ministre conservateur Jason Kenney qui avait donné son appui au projet de loi envisagé par le premier ministre élu du Québec, Phillipe Couillard, pour répondre aux questions soulevées par la charte de la laïcité du gouvernement péquiste. M. Kenney approuvait le fait que M. Couillard ne souhaite pas interdire le port de signes religieux et prône le service livré par les fonctionnaires à visage découvert.

En réaction au projet de charte des troupes de Pauline Marois, le ministre Kenney avait même fait savoir dans le passé qu'il serait prêt à aller en Cour pour défendre les droits des minorités religieuses.

La nouvelle politique du gouvernement fédéral fournit des directives aux missions sur le port du kirpan, une forme stylisée de dague ou de couteau cérémonial.

Le communiqué précise que les personnes qui s'identifient comme des sikhs pourront porter leur kirpan à l'intérieur des locaux des missions, à condition de garder celui-ci dans un fourreau fixé à une ceinture en étoffe portée en bandoulière sous les vêtements. Ils devront également porter les quatre autres symboles de leur foi.

Ceci devra se faire «tout en respectant l'obligation qu'a le gouvernement d'assurer la sécurité physique des employés dans les missions», peut-on lire dans un communiqué. Le gouvernement n'a toutefois fourni aucune information sur les mesures de sécurité envisagées.

Selon le ministre des Affaires étrangères, John Baird, la politique ne vise pas à régler un problème d'une grande ampleur.

«Ce n'est pas du tout un problème grave. C'est une politique qu'on est fier d'adopter pour que ces gens sachent qu'ils sont les bienvenus», a répondu le ministre lorsque questionné à ce sujet lors d'un point de presse portant sur un autre sujet.

Le gouvernement conservateur affirme que cette nouvelle politique s'inscrit dans les efforts qu'il déploie «pour promouvoir les droits de la personne, favoriser la protection des minorités religieuses dans le monde et défendre les valeurs que sont le pluralisme et la tolérance».

La Cour suprême avait eu à se pencher sur le port du kirpan en 2006, après qu'une commission scolaire de Montréal eut interdit à un élève d'aller en classe avec celui-ci car elle s'inquiétait pour la sécurité des autres élèves. Le sujet avait fait couler beaucoup d'encre à l'époque.

Dans un jugement unanime, le plus haut tribunal du pays avait permis au jeune garçon de le porter. La décision de la Cour d'appel du Québec, qui avait donné raison à la commission scolaire Marguerite-Bourgeois, avait ainsi été renversée.

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