POLITIQUE

Des Ontariens sont fichés en raison d'une tentative de suicide

14/04/2014 09:04 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
U.S. Customs officer Nick Ligerakis hands back a Michigan drivers license and information pamphlet to a driver arriving from Canada at the Ambassador Bridge in Detroit, Wednesday, Jan. 30, 2008. U.S. officials begin what amounts to a test run of new identification requirements for people entering the country from Canada and Mexico Thursday. Americans and Canadians who enter will no longer be able to simply declare their nationality and enter the U.S. They will be required to show some document to prove citizenship beyond a driver's license, though travelers won't be turned away without the extra ID. Mexican citizens already are required to show proof of citizenship at the border. (AP Photo/Paul Sancya)

La commissaire à la protection de la vie privée de l'Ontario dénonce une pratique de la police de Toronto qui partage systématiquement des informations privées - de nature médicale - avec les autorités américaines. Dans un rapport, la commissaire souligne qu'il est inadmissible que de nombreux Ontariens se voient ainsi refuser l'entrée aux États-Unis parce qu'ils ont déjà attenté à leurs jours.

La commissaire à la protection de la vie privée de l'Ontario presse les policiers de changer leurs pratiques « inacceptables » qui empêchent plusieurs Ontariens d'entrer aux États-Unis.

Selon Ann Cavoukian, les différents corps policiers ontariens doivent cesser de rapporter automatiquement dans une base de données canadienne, utilisée par les douaniers américains, leurs interactions avec des personnes ayant tenté de se suicider.

En novembre dernier, par exemple, la Torontoise Ellen Richardson n'a pas pu prendre l'avion pour New York à l'aéroport Pearson, sous prétexte qu'elle avait été hospitalisée pour une dépression l'année précédente et pouvait donc présenter une « menace à la propriété ou à la sécurité ».

La police était au courant, parce que sa mère avait déjà appelé au 9-1-1 à l'époque.

Selon la commissaire Cavoukian, les policiers de Toronto ont « l'habitude » de compiler ces renseignements personnels dans la base de données du Centre d'information de la police canadienne, alors que rien ne les y oblige.

Elle recommande aux policiers de se poser les quatre questions suivantes avant de transmettre de telles informations :

  • Est-ce que la tentative de suicide impliquait de la violence ou des blessures ou une menace de violence à autrui?
  • Est-ce que la tentative de suicide visait à susciter une réponse létale de la police?
  • Est-ce que l'individu impliqué a des antécédents violents à l'endroit d'autres personnes?
  • Est-ce que la tentative de suicide s'est produite alors que l'individu était en détention?

Selon Mme Cavoukian, les policiers devraient seulement faire état dans la base de données nationale de leur interaction avec un individu qui a tenté de se suicider si la réponse à l'une des questions précédentes était « oui ».