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L'hypocrisie des Occidentaux sur l'Ukraine "dépasse les bornes" (Lavrov)

14/04/2014 08:15 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

La Russie considère que l'"hypocrisie dépasse les bornes" dans la réaction des Occidentaux aux événements en Ukraine, a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Nous demandons depuis longtemps aux Occidentaux une réaction adéquate" aux événements en Ukraine, a déclaré M. Lavrov, qui a répété la mise en garde de la Russie contre le recours à la force contre les militants pro-russes dans l'est du pays.

"Nous avons clairement dit que le recours à la force contre les manifestants remettrait sérieusement en question les perspectives de coopération dans le règlement de la crise ukrainienne", a-t-il déclaré alors qu'une réunion avec les Américains et les Européens est envisagée jeudi.

"Nous n'entendons aucune réaction. Nous n'entendons que des appels à la Russie pour qu'elle cesse de s'ingérer", a-t-il ajouté.

"On peut se souvenir que la violence sur le Maïdan (la place de Kiev, foyer de la contestation pro-européenne, ndlr), qui s'est soldée par des dizaines et des dizaines de morts, était qualifiée de démocratie, alors qu'on parle de terrorisme à propos des manifestations pacifiques qui ont lieu maintenant dans le Sud-Est", a déclaré M. Lavrov au cours d'une conférence de presse.

"L'hypocrisie dépasse les bornes", a-t-il ajouté.

Il a notamment demandé des explications sur des informations de presse selon lesquelles le directeur de la CIA, John Brennan, aurait fait une visite secrète à Kiev avant l'annonce par les autorités ukrainiennes d'une opération d'envergure dans l'est du pays pour y reprendre des bâtiments administratifs occupés par les militants pro-russes en armes.

"Nous voulons notamment comprendre ce que signifient les informations sur une visite urgente à Kiev du directeur de la CIA, Monsieur Brennan", a déclaré Sergueï Lavrov.

"On ne nous a pour l'instant pas fourni d'explications convaincantes", a-t-il ajouté.

Il a aussi affirmé que la Russie n'avait pas déployé d'"agents" sur le territoire ukrainien, comme l'en ont accusé les autorités de Kiev.

"Il n'y a pas là-bas de nos agents, ni du GRU (renseignement militaire), ni du FSB (service fédéral de sécurité)", a déclaré M. Lavrov, indiquant que les autorités de Kiev mais aussi son homologue américain John Kerry lui avaient affirmé le contraire.

"Si vous avez des faits, il ne faut pas hésiter à les faire valoir. Si vous hésitez, alors c'est que vous n'en avez pas", a poursuivi le ministre.

Il a décliné une question sur ce qui pourrait motiver une intervention militaire russe.

"Je ne vais même pas en discuter", a-t-il déclaré.

"Nous ne nous ingérons pas dans les affaires intérieures de l'Ukraine, cela va à l'encontre de nos intérêts", a-t-il encore déclaré.

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