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Le pétrole ouvre en baisse à New York, surveillant la Libye et l'Ukraine

14/04/2014 09:37 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Le pétrole coté à New York évoluait en légère baisse lundi à l'ouverture, la perspective d'une éventuelle reprise des exportations libyennes l'emportant sur la crainte d'une escalade des tensions autour de la crise ukrainienne.

Vers 13H15 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mai cédait 29 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) et s'échangeait à 103,45 dollars.

Les acteurs du marché pétrolier tablaient sur une reprise imminente des exportations d'or noir en Libye, où des mouvements de protestation perturbent fortement l'exploitation du brut depuis l'été dernier.

Les autorités et les autonomistes ont conclu la semaine dernière un accord pour la levée progressive du blocage des quatre terminaux pétroliers de l'est de la Libye, qui durait depuis des mois.

Le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) Abdallah El-Badri a déclaré vendredi à Paris qu'il tablait sur un retour à une production d'or noir d'un million de barils par jour en Libye d'ici à la mi-juin, contre moins de 250.000 barils par jour récemment.

Lundi, "les autorités ont indiqué que le port de Zwitina était rouvert et qu'un cargo d'une capacité de 1 million de barils était en train d'être chargé dans l'est du pays", indiquait Robert Yawger de Mizuho Securities USA. "Il faut toutefois prendre ces informations avec des pincettes car il est souvent arrivé qu'elles ne se concrétisent pas", ajoutait-il.

La baisse des cours du WTI restait toutefois limitée par "les heurts qui se sont produits durant le week-end dans l'est de l'Ukraine entre des combattants pro-russe et les forces de sécurité ukrainiennes et qui font craindre une guerre civile et/ou des sanctions supplémentaires à l'encontre de la Russie", remarquait Matt Smith de Schneider Electric.

Lundi les insurgés armés pro-russes tenaient d'ailleurs toujours tête au gouvernement pro-européen dans cette région plus que jamais menacée d'éclatement après l'expiration de l'ultimatum pour une amnistie offerte par Kiev.

Alors que quelque 13% du gaz consommé par l'Union européenne (UE) transite par l'Ukraine, le président Vladimir Poutine a brandi la semaine dernière la menace d'une coupure des livraisons de gaz par la Russie.

Les cours du brut étaient aussi soumis à une autre source de risques géopolitiques: le Nigeria.

Un double attentat à la bombe a fait 71 morts et 124 blessés lundi matin à l'heure de pointe dans une gare routière à la sortie d'Abuja, capitale de cet important pays producteur de pétrole.

Cet événement "met en lumière une nouvelle fois la nature très instable de cet Etat riche en brut", soulignait Matt Smith.

Les investisseurs digéraient par ailleurs un indicateur de bon augure pour la consommation de brut aux Etats-Unis: les ventes au détail y ont augmenté plus fortement que prévu en mars, signant leur plus forte progression depuis septembre 2012, selon le département du Commerce.

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