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La RDC regrette la présence présumée au Rwanda d'un ex-député recherché

14/04/2014 03:58 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

La République démocratique du Congo a regretté lundi que Roger Lumbala, un ex-député proche de l'ancienne rébellion Mouvement du 23 mars (M23) recherché par la justice congolaise, ait pu voyager au Rwanda, une affirmation démentie par l'intéressé.

Roger Lumbala a "quitté le territoire de l'Ouganda où il séjournait ce vendredi (...) à destination de Kigali (...) où, selon toute vraissemblance, il séjournerait encore", a déclaré lundi Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse.

"Monsieur Lumbala fait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt de la justice congolaise. Le dernier en date de ces mandats porte sur des crimes déclarés non amnistiables sur lesquels ce compatriote doit être entendu par le justice de son pays", a-t-il ajouté.

Le Rwanda et l'Ouganda étant "informés" de ce mandat, "nous sommes fort préoccupés de savoir que M. Lumbala a pu, malgré tout, séjourner en Ouganda et quitter ce pays pour se rendre à Kigali", a-t-il dit, appelant ces pays à respecter l'accord d'Addis Abeba.

Cet accord régional, signé en février 2013, demande notamment aux signataires de "faciliter l'administration de la justice, grâce la coopération judiciaire dans la région".

Interrogé par téléphone par l'AFP, M. Lumbala, a préféré que l'on taise le pays où il se trouve, craignant pour sa sécurité. Il a toutefois tenu à souligner qu'il n'était "pas descendu à Kigali", qu'il y a "juste fait une escale".

Le chef du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD/N) a par ailleurs dénoncé un "acharnement", une "cabale" et un "complot" des autorités congolaises visant à l'empêcher de rentrer au pays. Il veu prendre des démarches pour savoir "réellement quels faits" lui "sont reprochés et sur quelle période".

Le mandat de M. Lumbala, ex-candicat à la présidentielle de 2006, a été invalidé en janvier 2013 pour absences répétées. Il était à l'époque soupçonné de "haute trahison" et de complicité avec le M23, défait début novembre après une offensive de l'armée et des Casques bleus.

Selon des experts de l'ONU, le M23 était soutenu par le Rwanda et l'Ouganda, qui démentent. Lors des laborieux pourparlers de paix à Kampala, capitale ougandaise, M. Lumbala siégeait dans la délégation du M23.

Quand la fin de la guerre a été officiellement signée en décembre à Nairobi (Kenya), Kinshasa s'est engagée à voter une loi d'amnistie excluant les auteurs de crimes graves, dont des crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

hab/jmc

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