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Espagne: plus d'un millier de manifestants réclament la fin de la monarchie

14/04/2014 02:34 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT

Plus d'un millier de manifestants ont défilé lundi à Madrid pour marquer l'anniversaire de la IIe République et conspuer la monarchie, dénonçant les scandales qui frappent la famille du roi Juan Carlos depuis plus de deux ans.

"Front Populaire. Pour la troisième république", pouvait-on lire sur la banderole en tête du cortège, convoqué à l'appel de partis et d'associations communistes et républicaines pour marquer la date anniversaire de la IIe république espagnole, proclamée le 14 avril 1931 et suivie par près de 40 ans de dictature franquiste après la guerre civile (1936-1939).

"Juan Carlos, tu es renvoyé", "Les Bourbons, aux élections", "La monarchie s'achève. Vive la République!", était-il écrit sur les petites pancartes que brandissaient de nombreux manifestants, aux côtés des drapeaux républicains, rouge, or et violet

Roberto Clemente, lycéen de 19 ans, critiquait un "roi imposé par Franco", du nom du dictateur décédé en 1975, qui avait désigné dès 1969 Juan Carlos comme son dauphin.

"Le plus cohérent au XXIe siècle, c'est d'avoir une démocratie sans monarchie", lançait-il.

Au chômage depuis un an et demi, Pedro Riquelme, ancien employé du secteur de l'industrie âgé de 55 ans, dénonçait la monarchie: "Un système corrompu qui nous mène vers la misère". "C'est comme une propriété qu'ils se passent de père en fils. Avec une république, tout serait plus transparent", estimait-il, en tenant un drapeau républicain.

Affaibli par des soucis de santé, le roi Juan Carlos, 76 ans, a vu sa popularité chuter à mesure que se succédaient les révélations dans l'enquête pour corruption qui vise son gendre, Iñaki Urdangarin, depuis fin 2011, et a mené à la mise en examen de sa fille cadette, l'infante Cristina.

Première historique en Espagne, cette dernière a été entendue en février par le juge d'instruction chargé de l'enquête visant son époux, qui la soupçonne de fraude fiscale et blanchiment d'argent. Il doit maintenant décider s'il maintient son inculpation et si Cristina est renvoyée en procès.

Mais si le soutien à la monarchie accuse le coup dans les sondages, la manifestation de lundi restait circonscrite aux habitués de cette date anniversaire.

elc/sg/plh

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