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Cellules Stap: la querelle s'amplifie entre la chercheuse Obokata et son institut

14/04/2014 02:27 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

La jeune chercheuse japonaise Haruko Obokata a encore enfoncé le clou lundi en affirmant via son avocat que non seulement les cellules pluripotentes Stap existent mais qu'une autre personne de son institut (Riken) peut en attester.

Parallèlement, le Riken, l'établissement public qui l'emploie, indique de son côté que les expériences de Mme Obokata "ne sont que partielles et que l'on ne peut pas dès lors parler de succès" quant à la création de ces cellules.

Pourtant, Mme Obokata, qui fait malgré elle la une de tous les journaux, n'en démord pas: "le phénomène des cellules Stap est une réalité que j'ai vérifiée à plus de 200 reprises", avait-elle affirmé la semaine dernière, en réponse aux accusations de "contrefaçon et falsifications" formulées par un comité d'enquête du Riken.

Et d'ajouter lundi qu'une tierce personne dudit Riken l'a vérifié, mais que ce n'est pas à elle d'en dévoiler le nom.

Haruko Obokata avait publié en janvier dans la revue scientifique britannique Nature une communication présentant une méthode inédite et particulièrement remarquée de création de cellules pluripotentes (presque similaires à des cellules embryonnaires) à partir de cellules matures.

Mais peu après, un des participants a contesté la publication, au motif qu'une partie des données présentées étaient selon lui fausses.

Le Riken a alors créé un comité d'enquête qui a conclu à la présence d'irrégularités dans la publication des résultats. Ces conclusions sont telles qu'elles ont fait douter de l'existence-même des cellules Stap, même si le comité ne s'est pas prononcé directement sur ce point.

La conférence de presse donnée par Mme Obokata la semaine passée n'a pas calmé la polémique, au contraire, puisque la chercheuse n'a pas à ce moment pu apporter les preuves de la réussite de ses recherches.

Actuellement hospitalisée car fragilisée par cette affaire, Mme Obokata a aussi indiqué dans le communiqué transmis lundi par son avocat qu'elle souhaitait "avoir la possibilité d'apporter des explications scientifiques et de montrer des échantillons et photos, une fois rétablie".

Cette saga scientifique a pris un ampleur inhabituelle pour des recherches dont le contenu et l'enjeu échappent à la majeure partie du public. Toutefois, si elles existaient vraiment et pouvaient être créées à partir de cellules humaines (et non de souris), les cellules Stap représenteraient une avancée exceptionnelle pour la médecine régénérative consistant à réparer des organes et tissus abimés à la suite d'un accident ou d'une maladie.

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