POLITIQUE

Une ancienne aspirante candidate libérale poursuit Justin Trudeau en diffamation

14/04/2014 09:35 EDT | Actualisé 14/06/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Justin Trudeau et son codirecteur de campagne en Ontario sont poursuivis en diffamation pour 1,5 million $ par une ancienne aspirante candidate qui n'a pas pu se présenter pour le Parti libéral du Canada (PLC).

Dans une déclaration déposée lundi en cour, les avocats de Christine Innes affirment que le chef libéral et David MacNaughton l'ont diffamée en affirmant faussement que sa candidature avait été bloquée pour avoir employé des tactiques d'intimidation et d'harcèlement dans sa campagne.

Les avocats soutiennent plutôt que ces imputations sont un «écran de fumée» cachant la véritable raison du blocage de la candidature de leur cliente: le refus de celle-ci de ne pas se présenter contre une candidate-vedette choisie par M. Trudeau, l'actuelle députée de Toronto-Centre Chrystia Freeland.

Le contenu de la déclaration de la poursuite n'a pas été prouvé en cour.

Selon le directeur national du PLC Jeremy Broadhurst, la sortie de Mme Innes «n'a aucun mérite et sera combattue vigoureusement».

«Nous soutenons la décision de l'équipe de campagne de refuser la demande de candidature de Mme Innes. Le parti n'a pas l'intention de céder aux pressions pour revoir cette décision», a-t-il dit par courriel.

Mme Innes voulait porter les couleurs libérales à l'occasion de l'élection partielle à venir dans Trinity-Spadina, une circonscription devenue vacante le mois dernier lorsque la députée néo-démocrate Olivia Chow a démissionné pour se lancer dans la course à la mairie de Toronto.

Trinity-Spadina et la circonscription voisine de Toronto Centre cesseront d'exister en 2015 en raison du redécoupage de la carte électorale, qui entraînera la création de trois nouvelles circonscriptions dans le centre-ville de la métropole ontarienne.

Au dire des avocats de la plaignante, M. MacNaughton était prêt à autoriser sa candidature pour l'élection partielle, mais à la condition qu'elle promette de tenter d'obtenir la nomination dans Spadina-Fort York en 2015, plutôt que dans University-Rosedale, là où Mme Freeland veut se lancer.

Cette entente visait à dissimuler le fait que M. Trudeau revenait sur sa promesse de permettre des nominations ouvertes dans toutes les circonscriptions, affirme la poursuite. Mme Innes a refusé de promettre et M. MacNaughton l'a donc informée qu'elle ne pourrait pas se présenter dans Trinity-Spadina, ni même ailleurs au pays en 2015.

Trois jours plus tard, les deux hommes mis en cause auraient lancé une attaque médiatique nationale contre Mme Innes, accusant elle et son équipe de campagne, de s'être livrées à de l'intimidation, à du harcèlement et à d'autres comportements contraires à l'éthique.

Mme Innes s'est présentée à deux reprises pour les libéraux dans Trinity-Spadina, mordant à chaque occasion la poussière contre Oliva Chow. Auparavant, la circonscription a été représentée pendant 13 ans par le mari de Mme Innes, Tony Ianno.

Des plaintes écrites transmises aux libéraux par plusieurs jeunes bénévoles, et dont La Presse Canadienne a obtenu copie, visent plutôt M. Ianno, pour l'intimidation imputée à l'équipe de l'aspirante candidate. Ces bénévoles soutiennent s'être fait dire que leur avenir au sein du parti serait bien court s'ils n'appuyaient pas Mme Innes. Ils ont aussi dit que l'ancien député avait lancé une campagne de dénigrement contre Mme Freeland et M. Trudeau.

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