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Ukraine: le gouvernement passe à l'offensive à Slaviansk

13/04/2014 03:12 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Les forces de sécurité ukrainiennes ont lancé dimanche une opération visant à chasser les séparatistes prorusses des bâtiments administratifs qu'ils occupent dans Slaviansk, ville de l'Est où des morts ont été signalés dans les deux camps.

« Il y a des morts et des blessés de part et d'autre », a déclaré le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, en précisant qu'un millier d'hommes soutenaient les séparatistes dans le secteur de Slaviansk.

Un agent des services de sécurité a trouvé la mort et cinq autres ont été blessés lors de ce que le ministre a appelé l'« opération antiterroriste » en cours à Slaviansk, ville de 100 000 habitants à 150 km de la frontière russe.

Du côté des séparatistes, un homme est mort et deux autres personnes ont été blessées, rapporte l'agence de presse russe RIA.

À Kramatorsk, ville de 200 000 habitants à une quinzaine de km de Slaviansk, des hommes en armes, disciplinés et portant des treillis sans insigne, ont pris samedi soir le contrôle du quartier général de la police, après une fusillade, avait constaté un journaliste de Reuters.

Des séparatistes se sont ensuite emparés dimanche de la mairie de Marioupol, ville de près de 500 000 habitants du sud-est de l'Ukraine, sur la mer d'Azov, rapportent les médias locaux.

Les contestataires ont pénétré dans le bâtiment à la suite d'une manifestation qui a rassemblé un millier de personnes pour réclamer la création d'une république séparée dans l'est de l'Ukraine, rapporte un journaliste local. La police n'est pas intervenue pour les bloquer. Ils sont entrés dans la mairie, ont amené le drapeau ukrainien et dressé des barricades autour du bâtiment.

À Kharkiv, grande ville de l'Est, plusieurs personnes ont été blessées dans des affrontements entre des partisans de la révolution qui a porté au pouvoir à Kiev de nouveaux dirigeants pro-européens, et des partisans d'un rapprochement avec la Russie.

L'OTAN dénonce les troubles dans l'Est

Dans une autre ville de l'Est, Zaporijjia, au bord du Dniepr, 3000 partisans des nouvelles autorités de Kiev ont manifesté et fait face à plusieurs centaines de prorusses, dont beaucoup agitaient des drapeaux russes.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dénoncé dimanche l'agitation en cours dans l'est de l'Ukraine et prévenu que toute ingérence militaire de la Russie dans le pays accentuerait l'isolement international de Moscou.

« Je suis extrêmement préoccupé par cette nouvelle escalade des tensions dans l'est de l'Ukraine », a dit Anders Fogh Rasmussen.

« Nous assistons à une campagne de violence concertée de la part des séparatistes prorusses, qui cherchent à déstabiliser l'Ukraine en tant qu'État souverain », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'OTAN a jugé que l'apparition dans l'est de l'Ukraine d'hommes portant des armes russes et des uniformes dépourvus d'insignes, comme en portaient des soldats russes pendant la prise de contrôle de la péninsule de Crimée début mars, constituait un « grave développement ».

Il a demandé à la Russie de prendre des mesures pour une « désescalade » de la crise en retirant ses milliers de soldats massés près de la frontière avec l'Ukraine. « Toute nouvelle ingérence militaire de la Russie, quel que soit le prétexte, ne fera qu'accroître son isolement international ».

Samantha Power, la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, a rappelé dimanche que son pays était prêt à accroître les sanctions contre la Russie en cas de poursuite de l'escalade dans l'est de l'Ukraine.

« Nous avons vu, je pense, que les sanctions peuvent avoir un effet, et, si des actes comparables à ceux des derniers jours se reproduisent, nous irons vers une intensification des sanctions », a-t-elle dit.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que Kiev « se montrait incapable d'assumer ses responsabilités concernant le destin du pays » et a averti de nouveau que tout recours à la force contre des russophones en Ukraine « saboterait les possibilités de coopération » et notamment le dialogue à quatre qui doit avoir lieu jeudi entre la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne.

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