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"Où est mon coeur", avec les traîtres ou les courageux ? demande le pape en ouvrant la Semaine sainte

13/04/2014 06:47 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Avec la messe des Rameaux, le pape François a ouvert dimanche les festivités de Pâques en appelant les chrétiens à un examen de conscience et à se demander s'ils ressemblent à ceux qui trahirent Jésus ou aux "courageux" qui lui furent fidèles.

"Où est mon coeur, auquel de ces personnages (de l'Evangile) est-ce que je ressemble ? Cette question nous accompagnera toute la semaine", a lancé le pape sur un ton grave, improvisant son homélie.

Il avait auparavant présidé la procession des Rameaux, appuyé sur un bâton sculpté pour l'occasion par les détenus de la prison de San Remo (centre-ouest de l'Italie), entouré d'une centaine de jeunes prêtres et évêques.

Vers 8H30 GMT, vêtu de la traditionnelle chasuble liturgique rouge, il a pris la parole mais n'a pas lu le texte distribué à l'avance où il devait surtout rappeler l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem, célébrée, selon la tradition chrétienne, lors de la Messe des Rameaux.

Au contraire, le pape a choisi d'insister sur le fait que ce dimanche correspond aussi à la lecture de la Passion du Christ.

"Qui suis-je devant Jésus qui souffre ?", a-t-il lancé devant la foule remplissant l'immense Place Saint-Pierre.

"On a entendu tellement de noms, de dirigeants, prêtres, de pharisiens, de docteurs de la loi qui avaient décidé de le tuer, suis-je l'un d'eux ?", a-t-il ajouté, en marquant de longues pauses.

"Suis-je comme Judas ? capable de trahir Jésus (ou) comme les disciples qui ne comprenaient rien, qui s'endormaient pendant que le Seigneur souffrait, ma vie est-elle endormie ?", a poursuivi le pape argentin, élu il y a un peu plus d'un an à la tête de l'Eglise catholique.

Son message très symbolique visait aussi "ces dirigeants qui improvisent un tribunal, acceptent des faux témoignages", l'empereur Ponce Pilate qui "face à une situation difficile, s'en lave les mains, n'assume pas ses responsabilités" et les soldats qui "frappent le Seigneur, lui crachent dessus, l'insultent, s'amusent à l'humilier".

Mais il a aussi cité des exemples positifs relatés dans l'Evangile comme le personnage de Simon de Cyrène "qui rentrait du travail fatigué mais a eu la bonne volonté d'aider le Seigneur à porter la croix" et "ces femmes courageuses, dont la maman de Jésus qui étaient là, souffraient en silence".

Après la Messe, un groupe de jeunes Brésiliens a remis la croix des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) à des jeunes venus de Pologne où se tiendront en 2016 (à Cracovie) les prochaines JMJ. La croix a été posée sur un socle devant la Place.

Lors de l'Angélus, le pape a rappelé la canonisation le 27 avril en même temps que Jean XXIII, du pape Jean Paul II, initiateur des JMJ il y a 30 ans et "qui en deviendra le grand patron". "Dans la communion des Saints, il continuera à être pour les jeunes du monde un père et un ami", a souligné le pape.

Puis, souriant et affable, acclamé par les fidèles brandissant des rameaux d'oliviers et des appareils photo, Jorge Bergoglio a embrassé bébés et handicapés et siroté du maté (thé argentin) d'une calebasse proposée par un fidèle.

Selon un porte-parole du Vatican, plus de 100.000 personnes assistaient à la Messe des Rameaux.

fka/abk

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