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L'Ukraine lancera une opération antiterroriste contre les milices prorusses

13/04/2014 07:48 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

SLOVIANSK, Ukraine - L'Ukraine a décidé de lancer une «opération antiterroriste à grande échelle» pour mettre fin aux attaques des groupes armés prorusses dans l'est du pays, a annoncé le président intérimaire Olexandre Tourtchinov, dimanche, dans un discours télévisé.

Kiev aura recours à l'armée pour empêcher les forces russes de pénétrer sur le territoire ukrainien, a affirmé M. Tourtchinov, promettant toutefois l'amnistie à tous ceux qui déposeraient les armes d'ici lundi matin.

Il a ajouté que son gouvernement ne laisserait pas Moscou répéter dans l'est de l'Ukraine le même scénario qu'en Crimée.

Un échange de coups de feu entre les forces de sécurité ukrainiennes et une milice prorusse dans une ville de l'est de l'ancienne république soviétique a fait au moins un mort et cinq blessés du côté de la police, dimanche matin. Il s'agit de la première fusillade à survenir depuis que des hommes armés ont investi plusieurs édifices gouvernementaux dans cette région limitrophe de la Russie.

Olexandre Tourtchinov a déclaré qu'un capitaine avait été tué et deux colonels blessés dans un affrontement à l'extérieur de Sloviansk, où le quartier général de la police et les bureaux de la branche locale du Service de sécurité ont été saisis par des miliciens samedi.

L'Associated Press a découvert une mare de sang sur le siège passager d'un véhicule utilitaire sport criblé de balles garé sur le bord de la route où l'incident s'est supposément déroulé.

Vladimir Kolodchenko, un politicien local ayant été témoin de l'attaque, a raconté qu'une voiture transportant quatre hommes s'était arrêtée dans cette zone boisée située à l'extérieur de Sloviansk et que les passagers avaient tiré sur des soldats ukrainiens se tenant debout près de leurs véhicules. Les assaillants et les militaires ont tous rapidement quitté les lieux après l'assaut.

La révolte s'est propagée à plusieurs villes de l'est de l'Ukraine, notamment à la grande cité industrielle de Donetsk, qui compte une importante population russophone.

Donetsk constituait la base électorale de Viktor Ianoukovitch, l'ancien président ukrainien chassé du pouvoir en février après des mois de manifestations à Kiev. Ce mouvement de contestation avait été provoqué par la décision de M. Ianoukovitch de ne pas signer une entente avec l'Union européenne afin de se rapprocher davantage de la Russie.

Les Ukrainiens d'origine russe disent maintenant craindre que le nouveau gouvernement intérimaire du pays n'ait l'intention de les opprimer.

Les autorités régionales à Donetsk ont diffusé une déclaration confirmant le décès et indiquant que neuf personnes avaient été blessées au total. Elles n'ont pas révélé l'identité des victimes, mais ont précisé que l'homme décédé avait été abattu à l'extérieur de Sloviansk.

Dans un communiqué publié dimanche, le ministre ukrainien de l'Intérieur a accusé «les forces spéciales et les saboteurs russes» d'être à l'origine du soulèvement dans l'est du pays et a promis de présenter des «preuves concrètes» de l'implication de Moscou à l'occasion du sommet sur la crise en Ukraine qui doit avoir lieu la semaine prochaine à Genève.

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