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Limiter le réchauffement du climat: réactions au rapport du Giec

13/04/2014 08:42 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Principales réactions au rapport publié dimanche à Berlin du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec), qui estime que limiter à 2°C, par rapport à l'ère pré-industrielle, le réchauffement de la planète est encore possible à condition d'agir vite et à grande échelle.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d'ici 2050 sera une nécessité, estime le Giec, ce qui implique notamment de réorienter massivement les investissements dans l'énergie pour se détourner des énergies fossiles les plus émettrices de CO2 comme le charbon et le pétrole.

- John Kerry, secrétaire d'Etat américain: "Ce rapport est très clair sur le fait que nous sommes face à une question de volonté mondiale et non de capacité" pour agir contre le réchauffement climatique, le diplomate estimant que ce document "met en lumière les technologies déjà disponibles dans l'énergie pour réduire de manière substantielle les émissions globales". "Ces technologies peuvent réduire la pollution due au carbone tout en étant une chance pour la croissance", selon lui.

- Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat: "Le rapport du Giec est clair: il n'y a pas de plan B. Il n'y a qu'un plan A, celui d'une action collective pour réduire les émissions dès maintenant". "La question maintenant est la suivante: quand est-ce que vous, les grands émetteurs, allez faire de même? Plus vous tarderez, plus cela coûtera cher, plus ce sera difficile à faire", a-t-elle lancé notamment à l'adresse des Etats-Unis et de la Chine, les deux plus gros émetteurs.

- Christina Figueres, responsable climat à l'ONU: le rapport montre que "le monde peut encore combattre le changement climatique mais à la condition que les nations soient collectivement plus ambitieuses pour arriver à un monde avec un solde d'émissions neutre au cours de la 2e partie du 21e siècle". "Le défi consiste à augmenter la vitesse et l'ampleur des actions" et à Paris en 2015 (lors de la conférence de l'ONU sur le climat) "à élaborer un nouvel accord sur le changement climatique" de nature à inverser la courbe des émissions "dès que possible".

- Samantha Smith, responsable climat et énergie au WWF International: "Si nous agissons maintenant, les coûts représenteront une petite fraction de l'économie mondiale. Ceux qui disent que c'est trop difficile et trop cher ont tort", car "sans action immédiate, les coûts vont s'accroître, tout comme les impacts". Pour la responsable, "la priorité est de réorienter les flux d'investissement" vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

- Li Shuo, responsable climat et énergie Greenpeace Chine: "La seule réponse rationnelle à ce rapport est de commencer à se détourner immédiatement des énergies fossiles" et "plus on attend, plus le changement climatique va nous coûter". La Chine, 1er émetteur de gaz à effet de serre, "a plus que tout autre pays, le potentiel pour devenir un acteur du changement dans la lutte climatique", selon le militant.

- Nicholas Stern, ancien vice-président de la Banque mondiale et auteur du 1er rapport en 2006 sur les conséquences économiques du changement climatique: "La situation est plus mauvaise aujourd'hui qu'il y a sept ans, lors de la dernière évaluation du Giec (...) car les émissions annuelles ont continué à croître, faisant augmenter les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère". Selon l'économiste, il faut "donner un prix fort au carbone, investir beaucoup plus dans les technologies pour réduire les émissions, dont le stockage de l'électricité, les renouvelables, le nucléaire, la capture et le stockage du CO2".

ces/mr

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