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Limiter la surchauffe du climat: principaux points du rapport du Giec

13/04/2014 05:12 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

Principaux points de la synthèse du rapport du Giec, appelée "résumé pour décideurs", faisant le point sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), à l'origine du réchauffement climatique, et les pistes pour les réduire.

La communauté internationale s'est fixé comme objectif de ne pas dépasser une hausse de la température mondiale de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

TENDANCES et FACTEURS D'EMISSIONS

- Les émissions mondiales de GES augmentent et le rythme s'accélère: +2,2% par an de 2000 à 2010 contre 1,3% par an entre 1970 et 2000

- La crise de 2007/2008 a temporairement réduit les émissions mais n'a pas infléchi la tendance

- La combustion des énergies fossiles et l'industrie ont représenté 78% de la hausse des GES entre 1970 et 2010

- Sans mesures nouvelles pour réduire les émissions, la hausse de la température ira de 3,7°C à 4,8°C en 2100

- Au rythme actuel des émissions, la concentration de GES dans l'atmosphère, exprimée en parties par million de CO2 équivalent, atteindra d'ici 2030 le seuil de 450 ppm de CO2eq et entre 750 et 1300 ppm à l'horizon 2100

- Le CO2 a représenté 76% du total des GES en 2010

- La production d'énergie représente 35% des émissions, l'agriculture et la forêt 24%, l'industrie 21%, les transports 14% et le bâtiment 6%

- La demande énergétique va rester la principale source d'émissions

- Depuis 2000, les émissions de tous les secteurs sont en hausse sauf les forêts grâce au ralentissement de la déforestation

- Entre 2000 et 2010, la hausse de l'utilisation du charbon a inversé une tendance de long terme allant vers une décarbonisation graduelle de la production énergétique

SCENARIOS

- Pour avoir la meilleure chance (entre 66 et 100%) de rester en deçà du seuil de 2°C, la concentration moyenne de GES dans l'atmosphère doit être d'environ 450 ppm CO2eq (parties par million d'équivalent CO2) en 2100

- Autour de 500 ppm, la probabilité va de 50 à 100%, mais sans pic ponctuel dépassant les 530 pm CO2eq

- Entre 530 et 650 ppm , elle est comprise entre 0 et 50% et au delà de 650 ppm, elle va de de 0 à 33%

- Les scénarios permettant de ne pas dépasser les 450 ppm CO2eq au cours du 21e siècle sont associés à des réductions de GES de 40 à 70% entre 2010 et 2050

- Ce niveau de réduction passe par des changements à grande échelle des systèmes énergétiques (production et consommation) et de l'utilisation des terres

- Sans réduction des émissions avant 2030, il sera plus difficile de ne pas dépasser les 2°C et les options seront plus réduites

COUTS ET INVESTISSEMENTS

- Le seuil de 450 ppm CO2eq implique de tripler, voire de quadrupler, entre 2010 et 2050 la part des énergies bas carbone (renouvelables, nucléaire et énergies fossiles avec capture et stockage du carbone)

- La part des énergies bas carbone dans la production d'électricité doit passer de 30 à 80% en 2050

- Nécessité d'un changement substantiel des flux d'investissements entre 2010 et 2029 au profit de la production bas carbone d'électricité

- Des taxes basées sur le niveau des émissions ont permis de découpler les GES et la croissance

- Dans de nombreux pays, les taxes sur les carburants jouent le rôle de taxe carbone sectorielle

- La réduction des subventions aux activités fortement émettrices de GES permet une baisse significative des émissions, sans coût social

- Limiter la hausse à 2°C réduirait les coûts associés à la sécurité énergétique et à l'amélioration de la qualité de l'air

SECTEURS

Energie:

- La part de l'énergie nucléaire, technologie mature émettant peu de GES, dans la production globale d'électricité décline depuis 1993

- Remplacer les centrales à charbon par des centrales à gaz de haute efficacité

- Les énergies renouvelables peuvent être déployées à grande échelle

- Développer la capture et le stockage du carbone, actuellement à un stade expérimental

Transports:

- La demande d'énergie pourrait être réduite de 40% en 2050 par des mesures technologiques (consommation réduite des véhicules) et comportementales (habitat plus dense, transports en commun, etc.) et des investissements dans les infrastructures

Bâtiment:

- Stabiliser ou réduire la demande d'énergie d'ici à 2050 grâce au déploiement de nouvelles technologies et de normes basse consommation

Industrie:

- Nécessaire accélération des progrès en terme d'intensité énergétique (consommation d'énergie rapportée au PIB)

- Déploiement à grande échelle de technologies déjà disponibles pour améliorer de 25% l'intensité énergétique du secteur

Agriculture:

- Les forêts devraient à l'avenir davantage capter de CO2 qu'en émettre grâce au ralentissement de la déforestation et aux actions de reforestation

- La biomasse peut jouer un rôle dans la réduction des GES: interrogations sur la durabilité et l'efficacité de cette production d'énergie

- Habitat:

- Les deux prochaines décennies déterminantes pour réduire les GES dans les zones urbaines, qui concentrent déjà environ 70% de la consommation d'énergie et où bâtiments et infrastructures vont être construits

- Des milliers de villes mettent en place des plans d'action climat: la portée de ces actions est très incertaine et il y a peu d'évaluation de ces plans d'actions

ces/fa/abk

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