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Il faut passer à des énergies vertes, martèle le GIEC dans un nouveau rapport

13/04/2014 02:45 EDT | Actualisé 13/06/2014 05:12 EDT

BERLIN - Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) souligne le fossé entre les objectifs internationaux en matière de lutte aux changements climatiques et les gestes faits pour les atteindre.

Les émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre doivent diminuer de 40 à 70 pour cent d'ici 2050 pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 degrés Celsius établie lors des négociations onusiennes sur le climat, a mentionné l'organisme international dans un nouveau rapport, dimanche.

De fait, c'est plutôt la situation inverse qui se produit actuellement. En moyenne, les émissions polluantes ont grimpé de 2,2 pour cent, ou d'un milliard de tonnes, par année en 2000 et 2010, dépassant la croissance observée au cours des décennies précédentes pour atteindre «des niveaux sans précédent» malgré certains efforts pour ralentir le processus, souligne le GIEC.

Selon Ottmar Edenhofer, l'un des trois coprésidents du groupe de travail du GIEC sur les méthodes de lutte aux changements climatiques, il est impératif de modifier l'approche coutumière.

Le document soutient que des politiques d'atténuation pourraient dévaluer les stocks de combustibles fossiles et réduire les revenus des exportateurs.

Aux yeux de Christian Holz, le directeur exécutif du Réseau action climat du Canada, ce message devra être bien compris au Canada, et que suivre la démarche conservatrice d'investir massivement dans les sables bitumineux ne tiendra pas la route à long terme, poussant le Canada à rater les avantages d'une transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Même son de cloche chez Ian Bruce, de la Fondation David Suzuki, pour qui le rapport ouvre la voie à une révolution verte pouvant redéfinir l'économie canadienne.

«Il faudra choisir entre l'économie d'hier ou adopter l'économie de demain.»

Samedi, un expert environnemental canadien a déclaré que la croissance de la production gazière et pétrolière comme principale source canadienne de gaz à effet de serre ajoutait à la pression sur Ottawa pour que le gouvernement dévoile sa réglementation longtemps attendue pour l'industrie pétrolière.

Environnement Canada a discrètement publié vendredi un rapport démontrant que le secteur de l'énergie avait désormais dépassé les transports comme principal émetteur des gaz à effet de serre.

Ce rapport, couvrant la période de 1990 à 2012, précise que le pétrole et le gaz représentent aujourd'hui le quart des émissions polluantes nationales.

Selon le GIEC, restreindre la hausse de la température mondiale à 2 degrés Celsius nécessiterait d'importants changements dans la structure de l'alimentation énergétique à l'échelle planétaire. Cela signifierait quadrupler l'énergie provenant des sources à faibles émissions polluantes, tel le solaire ou l'éolien.

Le GIEC prévoit que le coûte de cette transition représentera une réduction de la croissance économique de l'ordre de 0,06 point de pourcentage par année, ajoutant que les avantages économiques des énergies vertes n'ont pas été calculées.

«Les coûts ne sont pas quelque chose qui entraînera des changements majeurs sur le plan économique. Cela est plutôt très accessible», estime le président du GIEC Rajendra Pachauri. Retarder les changements ne fera qu'augmenter les coûts, dit-il.

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