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Ukraine: des inconnus armés prennent un commissariat dans l'Est (ministre)

12/04/2014 03:55 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Des inconnus armés ont pris le contrôle d'un commissariat dans une ville de l'Est russophone de l'Ukraine, nouveau défi pour le gouvernement pro-européen de Kiev plus que jamais confronté au spectre d'un éclatement du pays.

"Des hommes armés en tenue camouflage ont pris le commissariat de Slaviansk. La réaction sera très forte", a écrit samedi matin le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov sur sa page Facebook, avant d'annoncer par le même canal l'envoi sur place de "forces spéciales".

Il n'a donné aucune précision sur le nombre d'assaillants, mais le service de presse de l'administration régionale, cité par l'agence Interfax-Ukraine, évoquait "six ou sept inconnus armés, qui ont lancé des fumigènes et tiré en l'air avant de prendre d'assaut" les lieux.

Slaviansk est une ville de quelque 100.000 habitants située dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie.

Sur sa page Facebook, M. Avakov fait par ailleurs état d'une attaque manquée contre le bâtiment du parquet à Donetsk: "bâtiment libéré. Ministre de la défense autoproclamé arrêté", écrit-il sans autres précisions. Des journalistes de l'AFP sur place ont constaté que les bureaux du parquet étaient protégés samedi matin par d'importantes forces anti-émeutes.

C'est dans cette région de l'Est que des insurgés pro-russes, pour certains armés, tiennent depuis près d'une semaine le bâtiment de l'administration régionale à Donetsk et celui des Services de sécurité (SBU) à Lougansk, villes situées à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe.

Ils réclament le rattachement à la Russie, ou au minimum un référendum sur plus d'autonomie régionale.

Le Premier ministre du gouvernement intérimaire au pouvoir depuis le renversement fin février d'un régime pro-russe, Arseni Iatseniouk, s'était rendu vendredi à Donetsk pour essayer de trouver une issue au conflit. Il n'a pas eu de contacts directs avec les insurgés et a estimé que la crise devait être réglée par des moyens pacifiques.

Mais M. Avakov, rendant compte samedi matin des nouvelles attaques, écrit sur sa page Facebook: "Aucune tolérance pour les terroristes armés".

M. Iatseniouk s'était engagé vendredi à proposer avant l'élection présidentielle anticipée du 25 mai des révisions constitutionnelles pour "équilibrer les pouvoirs entre le pouvoir central et les régions". Et il a promis de ne toucher "sous aucun prétexte" aux lois garantissant le statut des langues autres que l'ukrainien.

Mais les séparatistes, soutenus par la Russie, exigent une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne. Ce que refuse le pouvoir pro-occidental de Kiev, non reconnu par Moscou, qui y voit la porte ouverte à un éclatement du pays et refuse d'aller plus loin qu'une "décentralisation".

- Services secrets -

Les troubles dans l'Est ont fait craindre aux Occidentaux une intervention russe, Moscou ayant massé selon l'Otan jusqu'à 40.000 hommes à la frontière et le président russe Vladimir Poutine s'étant engagé à protéger "à tout prix" les populations russes de l'ex-URSS.

Washington et Kiev ont d'ailleurs accusé les services secrets russes d'être derrière ces soulèvements, ce que Moscou a démenti.

La crainte majeure est la répétition du scénario qui s'est joué en mars en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée à la Russie après un référendum non reconnu par Kiev et les Occidentaux.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a assuré vendredi qu'il n'en était rien et que Moscou n'avait aucune intention de rattacher à la Russie les régions russophones de l'est de l'Ukraine: "Nous ne pouvons avoir de telles intentions. Cela va à l'encontre des intérêts fondamentaux de la Russie".

L'annonce ces derniers jours de pourparlers sur la crise ukrainienne, la pire entre Est et Ouest depuis la fin de la guerre froide, avait fait naître l'espoir d'une accalmie.

Washington a confirmé vendredi que cette réunion quadripartite entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne se tiendrait le 17 avril à Genève.

Il s'agit de "poursuivre les efforts de désescalade de la situation en Ukraine et pour trouver une voie diplomatique", selon le département d'Etat.

Dans le même temps, le Trésor américain a annoncé vendredi des sanctions contre sept personnes déjà sanctionnées par l'UE - six responsables criméens et un ancien responsable ukrainien - et contre un groupe gazier criméen.

so/pt

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