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Turquie: le Premier ministre accuse Twitter d'évasion fiscale

12/04/2014 09:52 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre turc a accusé Twitter d'évasion fiscale après que le réseau a été utilisé pour diffuser des enregistrements et écoutes téléphoniques mettant en cause son proche entourage dans un scandale de corruption.

"Twitter, YouTube et Facebook sont des sociétés internationales crées pour faire du profit", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans des propos retransmis à la télévision. "Twitter est parallèlement aussi un évadé fiscal". "Nous allons nous occuper de cela", a ajouté le Premier ministre.

Sur ordre du gouvernement, l'autorité turque des télécommunications a interdit le 20 mars l'accès au réseau social, sur lequel des opposants avaient diffusé des enregistrements de conversations téléphoniques piratées mettant en cause M. Erdogan dans un vaste scandale de corruption

La décision d'Ankara a suscité une avalanche de critiques de la part de ses alliés au sein de l'OTAN et des organisations de défense des droits de l'Homme. Ceux-ci ont estimé que cette mesure jetait le doute sur l'engagement pris par la Turquie, qui souhaite rejoindre l'UE, de respecter les normes et valeurs européennes.

Réticente, Ankara a été néanmoins contrainte de lever le blocage de Twitter le 3 avril, conformément à un arrêt de la Cour constitutionnelle qui a jugé que cette mesure violait le droit constitutionnel à la liberté d'expression.

Erdogan a de nouveau critiqué samedi l'arrêt de la Cour : "Nous avons suivi le jugement (de la Cour sur Twitter), mais je le redis, je ne le respecte pas."

Le Premier ministre a critiqué la plus haute juridiction turque, qui, selon lui "prend la défense du droit commercial des sociétés internationales, au lieu de prendre la défense de son propre pays".

Le blocage de Twitter a été rapidement et assez largement contourné par les quelque 12 millions d'utilisateurs du réseau en Turquie, qui ont envoyé des tweet par sms ou en modifiant leurs paramètres sur Internet.

La semaine précédente, le gouvernement avait indiqué qu'il maintiendrait le blocage de l'accès à YouTube, malgré deux décisions de justice, tant que certaines informations jugées "illégales" n'en seraient pas retirées.

Premier ministre depuis onze ans, M. Erdogan a ordonné le blocage des réseaux sociaux avant le scrutin municipal du 30 mars, dont il a été le grand vainqueur en dépit d'accusations de corruption.

fo/abk

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