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Rouler à 80 ? Les motards français ont massivement manifesté contre

12/04/2014 04:13 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Des dizaines de milliers de motards ont manifesté dans toute la France samedi contre une éventuelle limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau routier secondaire, une "surenchère sécuritaire" qu'ils jugent contreproductive, selon la Fédération française des motards en colère (FFCM).

Ces "motards en colère" ont au total défilé dans près de 80 villes, dont Paris, Lyon (centre-est), Bordeaux et Toulouse (sud-ouest), tandis que plusieurs milliers ont formé un important cortège près de Strasbourg (est).

"Ce n'est pas la vitesse qui tue sur les routes, c'est le comportement des gens. Il faut former les citoyens dès l'école", a assuré Jean-Marc Belotti, responsable de la FFCM pour la capitale française, où plusieurs milliers de motards s'étaient mobilisés sous le soleil.

Des fanions blancs et rouges sur lesquels était écrit "Non à la baisse des limitations de vitesse" ou "Répression routière, trop c'est trop" avaient été fixés aux guidons des motos.

Le 16 mai prochain, le Centre national de la sécurité routière (CNSR), dont l'avis ne sera que consultatif, doit étudier des recommandations en vue de réduire le nombre des accidents de la route. Parmi elles, le passage de 90 à 80km/h de la vitesse autorisée sur les routes secondaires, où ont lieu 66% des accidents.

Selon les spécialistes de la sécurité routière, les limitations de vitesse, contrôlées depuis dix ans par les radars automatiques, ont participé à la baisse spectaculaire du nombre des morts sur les routes françaises : 3.250 en 2013 contre 7.242 en 2002, l'objectif désormais fixé par le ministère de l'Intérieur étant de passer sous la barre des 2.000 d'ici à 2020.

Mais pour "les motards en colère", envisager uniquement une réduction de la vitesse, en vertu de formules mathématiques "contestables", revient à ignorer les autres causes telles que "le manque de vigilance, le non-respect des distances de sécurité, etc."

"On propose des mesures alternatives", à savoir la formation des conducteurs ou encore l'amélioration du réseau routier, a ainsi déclaré à Agen (sud-ouest) l'un d'eux, Jérôme Pentolini.

Quant à Michaël Mathieu, de la région de la Marne (nord-est), il suggérait de plutôt s'attaquer à "l'alcool et la drogue au volant" ou à certaines attitudes comme celles consistant à ne pas mettre son clignotant et à téléphoner en conduisant.

"On ne fait de la sécurité routière que par la politique du bâton, alors qu'on peut faire d'autres choses, comme améliorer les glissières de sécurité et l'éclairage sur les autoroutes", a pour sa part déploré le leader des "motards en colère" parisiens.

"Nos dirigeants nous prennent pour des ânes avec leurs mesures de sécurité tirelire (...). Ca suffit ! Vive la moto, vive la liberté !", s'est-il exclamé à l'adresse des manifestants.

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