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Pakistan: des accusations de tentative de meurtre contre un bambin sont rejetées

12/04/2014 02:36 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

ISLAMABAD - Un juge pakistanais a rejeté samedi une accusation de tentative de meurtre déposée par la police contre un enfant de neuf mois, mettant fin à une étrange affaire ayant suscité de nouvelles critiques contre le système judiciaire national bancal.

La famille de l'enfant Mohammad Musa avait caché ce dernier après que les autorités eurent déposé des accusations de tentatives de meurtre contre des policiers à la suite d'une échauffourée survenue dans la ville de Lahore (est). Le juge Rafaqat Ali Qamar a abandonné les procédures contre le bambin lors d'une audience au cours de laquelle la police a fait savoir qu'elle ne donnerait pas suite aux accusations, a précisé l'avocat de la défense Irfan Tarar.

Le magistrat a également réprimandé la police dans la salle d'audience, réclamant une explication écrite à savoir pourquoi les policiers n'avaient pas fait correctement enquête, a poursuivi Me Tarar.

Cette affaire découle d'un incident survenu le 31 janvier, lors des responsables d'une entreprise d'électricité se sont rendus dans le quartier du garçon pour déconnecter des branchements illégaux au réseau de distribution. De tels vols sont fréquents au Pakistan, et les tentatives de débranchement peuvent déboucher sur des actes violents.

Au dire des autorités concernées par cette affaire, des voisins ont lancé des pierres aux responsables et de l'entreprise et à leur escorte. Le grand-père du garçon accusé avait précédemment déclaré à l'Associated Press que des femmes du voisinage n'étaient passées à l'attaque avec des matraques qu'après que les policiers eurent maltraité les résidants.

Cette escarmouche a poussé la police à ouvrir une enquête pour tentative de meurtre sur 30 habitants du quartier, y compris le père de l'enfant non identifié et son fils. Après avoir exigé que celui-ci se rende en cour, les autorités lui ont offert une libération sous caution et les greffiers ont pris ses empreintes.

L'affaire a mis de l'avant les dysfonctionnements du système de justice criminelle du pays, où même les enfants ne sont pas à l'abri. La police pakistanaise, largement critiquée pour son manque de formation et son équipement insuffisant, est fréquemment accusée de torturer des suspects et de pratiquer l'extorsion. Les failles dans le système de justice et les enquêtes policières bâclées entraînent souvent la libération de criminels et de terroristes, tandis que les activistes ciblent régulièrement les policiers lors de leurs attaques.

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