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Nomination d'un ambassadeur à l'ONU: l'Iran refuse de revenir sur sa décision

12/04/2014 03:48 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - L'Iran a rejeté la possibilité de nommer un nouveau diplomate, samedi, pour représenter le pays aux Nations unies, alors qu'un parlementaire a pressé la République islamique de se tenir debout et de résister à l'«intimidation» des États-Unis, qui a refusé d'offrir un visa à Hamid Aboutalebi.

L'affrontement politique à propos de cet homme, membre du groupe responsable de l'assaut contre l'ambassade américaine à Téhéran en 1979, survient alors que les puissances mondiales négocient avec l'Iran sur son controversé programme nucléaire. L'affaire menace également d'alimenter les animosités entre les pays ayant récemment vu leur relation prendre du mieux.

L'administration Obama a indiqué vendredi que les États-Unis avaient informé l'Iran qu'ils n'offriraient pas de visa à M. Aboutalebi, suggérant que les discussions en coulisses pour faire retirer la nomination n'avaient pas donné fruit. Samedi, des animateurs de la télévision d'État iranienne ont discuté le rejet de Washington, une bande défilante en bas d'écran indiquant «Le ministère des Affaires étrangères affirme qu'Aboutalebi est le seul choix de l'Iran comme émissaire aux Nations unies».

Pour l'important législateur Alaeddin Boroujerdi, les États-Unis n'avaient aucun droit d'intervenir quant au choix de la nomination iranienne.

M. Boroujerdi, qui dirige le comité du parlement iranien sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a pressé le ministre des Affaires étrangères d'écrire au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de combattre la décision américaine.

M. Aboutalebi aurait fait partie d'un groupe d'étudiants musulmans ayant tenu 52 Américains en otages pendant 444 jours. Il a insisté sur le fait que son implication était limitée à de la traduction et des négociations. L'Iran martèle qu'il est l'un de ses meilleurs diplomates, et qu'il avait précédemment reçu un visa américain. Il a déjà travaillé dans les missions en Australie, en Belgique et en Italie.

En tant que pays hôte des Nations unies, les États-Unis doivent permettre aux gens invités au siège new-yorkais d'entrer dans le pays. Cependant, des exceptions peuvent être effectuées lorsqu'un demandeur de visa a été reconnu coupable d'espionnage contre les États-Unis, ou représente une menace.

Refuser des visas aux nominations à l'ONU ou à des chefs d'État voulant participer à des événements onusiens aux États-Unis est extrêmement rare, bien qu'il semble exister des précédents. Selon une étude publiée par l'École de droit de Yale, les États-Unis ont rejeté plusieurs Iraniens nommés à l'ONU durant les années 1980, et qui avaient joué un rôle dans la crise de 1979, ou qui avaient commis d'autres actes contre des citoyens américains.

Mais après plus de trois décennies de discorde, des responsables américains et iraniens ont commencé à avoir des contacts directs occasionnels, y compris un coup de téléphone, l'automne dernier, entre les présidents Obama et Rohani. Les États-Unis et ses partenaires internationaux sont également parvenus à un accord intérimaire avec l'Iran pour suspendre son programme nucléaire. D'autres discussions sont en cours pour obtenir une entente à long terme.

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