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Manifestation contre l'austérité à Paris

12/04/2014 02:43 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi contre l'austérité et la ligne économique du gouvernement lors de la première marche de « l'opposition de gauche » organisée depuis la déroute du PS aux élections municipales et l'arrivée de Manuel Valls à Matignon.

Brandissant des pancartes « Envoyons Vallser l'austérité » ou « Hollande ça suffit », les manifestants ont défilé entre République et Nation à l'appel du Front de Gauche, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), de plusieurs fédérations syndicales et d'associations.

Ils étaient 25 000 à manifester selon la préfecture de police, 100 000 selon les organisateurs.

Les chefs de file du Front de Gauche, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, étaient présents en tête de cortège aux côtés du leader grec du parti de gauche Syriza et candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission européenne, Alexis Tsipras.

« Gauche radicale » contre « gauche réaliste »

« C'est un message envoyé au gouvernement », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, à la presse. « Il y a une gauche dans ce pays et il n'est pas acceptable qu'elle soit usurpée pour appliquer une politique de droite sur le plan économique. »

« Le message est clair, Manuel Valls commence par une première manifestation, et c'est important parce que ça veut dire qu'il y a une nouvelle séquence politique qui s'ouvre », a estimé de son côté Olivier Besancenot, du NPA, à la presse.

« C'est la première manifestation de l'opposition de gauche au gouvernement », avait-il dit dans la matinée, sur i>TELE.

« Il s'agit de fédérer une opposition de gauche décomplexée face à ce gouvernement. Il y aura des suites. »

Manuel Valls est confronté depuis sa nomination à une fronde des tenants de l'aile gauche du parti qui réclament une inflexion de sa politique jugée trop droitière.

La gauche de la gauche demande elle l'abandon du Pacte de responsabilité qui prévoit un allègement des charges des entreprises en échange d'embauches. Cette mesure économique emblématique de François Hollande est perçue par ses détracteurs comme un chèque en blanc fait au patronat.

Parmi les banderoles brandies samedi dans le cortège parisien, on pouvait lire entre autres « quand on est de gauche, on taxe la finance » ou « quand on est de gauche, on est du côté des salariés ».

Selon un sondage BVA publié samedi par Le Parisien - Aujourd'hui en France et i>TELE, 60 % des Français doutent de l'efficacité de Manuel Valls pour réduire le chômage et 56 % pensent qu'il ne sera pas efficace pour « permettre plus de justice sociale ».

À un mois et demi des élections européennes, le 25 mai, cette marche contre l'austérité est l'occasion pour la gauche de la gauche de faire entendre sa voix.

Après une participation en ordre dispersé aux élections municipales fin mars, le PCF et le PG ont lancé ensemble vendredi soir la campagne en vue du scrutin.

« Les élections européennes vont être le juge d'appel des municipales qui confirmera le verdict politique qui est que les gens sont excédés par la politique de droite de François Hollande », a estimé Jean-Luc Mélenchon.

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