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Espagne: les dépouilles de victimes du franquisme remises aux familles

12/04/2014 12:59 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT

Dans les larmes, des familles ont reçu samedi les dépouilles de 23 des 153 prisonniers victime du franquisme morts de faim ou de froid dans l'ex-prison de Valdenoceda dans le nord de l'Espagne, a annoncé l'association organisatrice.

Les dépouilles, retrouvées dans des fosses communes proches du bâtiment de l'ex-prison aujourd'hui délabré, ont été remises aux familles dans des boites en plastique transparentes recouvertes du drapeau républicain espagnol, a constaté un photographe de l'AFP.

Elles ont ensuite été placées dans un caveau commémoratif avec les 25 premières dépouilles déjà remises aux familles de victimes depuis 2010.

"C'était une cérémonie très émouvante et il était difficile de ne pas pleurer", a affirmé à l'AFP Jose Maria Gonzalez, porte-parole de l'association des familles de Valdenoceda qui depuis 2003 recherche les corps de 153 victimes que, selon elle, la dictature a laissé mourir de froid et de faim après la guerre civile (1939-1945).

"La plupart sont morts entre mars et mai 1941", a-il précisé.

Nora Morales de Cortiñas, l'une des Mères de la Place de Mai argentine, qui rassemble les familles de disparus de la dictature de Pinochet, était également présente en signe de solidarité.

"Tout le monde parle de Concorde avec la mort récente de l'ex-président (du gouvernement espagnol, ndlr) Adolfo Suarez", emblématique de la transition démocratique après la mort du dictacteur Francisco Franco en 1975.

"Notre message c'est que la Concorde n'est pas arrivée avec la transition mais nous pouvons y parvenir aujourd'hui, lorsque les familles peuvent refermer les blessures en recevant les dépouilles de nos proches disparus", a assuré Jose Maria Gonzalez.

"Nous pensons que l'heure de la Concorde viendra lorsqu'il n'y aura plus personne dans les fosses et plus aucune sépulture anonyme", a-t-il ajouté.

Malgré les demandes insistantes des Nations unies, l'Espagne refuse d'enquêter sur le sort des milliers de disparus de la Guerre civile et de la dictature, invoquant une loi d'amnistie votée en 1977, qui avait constitué l'un des piliers de la transition démocratique après la fin du franquisme.

L'ONU s'est inquiétée ces derniers mois de l'attitude de l'Espagne face aux crimes de la dictature et l'a appelée à annuler la loi d'amnistie

L'instruction ouverte en 2008 par l'ex-magistrat Baltasar Garzon avait estimé à 114.000 le nombre de victimes de la Guerre civile et du franquisme toujours portées disparues dans toute l'Espagne.

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