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Algérie/présidentielle : Bouteflika accuse un rival d'appeler à la violence

12/04/2014 05:00 EDT | Actualisé 12/06/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
President Abdelaziz Bouteflika's campaign manager, Abdelmalek Sellal, delivers a speech to supporters in the coastal town of Annaba, Algeria, as part of a presidential campaign meeting, Saturday, April 12, 2014. President Abdelaziz Bouteflika, who will be running for his fourth five-year term, will be largely sitting out the campaign and relying on deputies to present his case after a stroke last year left the 77-year-old in a wheelchair with trouble speaking. Six candidates are running for the powerful presidency in the April 17 elections. (AP Photo/Sidali Djarboub)

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, candidat à un 4e mandat, a accusé samedi son principal rival Ali Benflis d'avoir appelé à la violence pendant la campagne pour l'élection du 17 avril, selon des images retransmises par la télévision.

"Qu'un candidat vienne menacer les walis (préfets) et les autorités", disant "de faire attention à nos familles et à nos enfants en cas de fraude, cela veut dire quoi", a déclaré M. Bouteflika en recevant le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo.

C'est "du terrorisme à travers la télévision", a souligné M. Bouteflika qui s'exprimait en français d'une voix basse.

Il faisait allusion à des propos à la télévision de M. Benflis qui a évoqué mercredi les risques de fraudes pendant le scrutin. "La fraude est haram (illicite). Le faux et usage de faux est haram. Je m'adresse aux walis, aux chefs de daïras (sous-préfets) : vous avez de la famille, pensez à la préserver", avait-il dit.

M. Bouteflika a également estimé que "par certains moments", la campagne électorale qui s'achève dimanche avait "manqué d'élégance". "Il y a des appels à la violence et des comportements peu orthodoxes et antidémocratiques", a-t-il dit.

Alors que le ministre espagnol faisait remarquer que cette campagne était "dure", le président Bouteflika lui a répondu qu'elle l'était et qu'il y avait un code déontologique "duquel on ne doit pas s'écarter".

Affaibli il y a un an par un AVC qui a conduit à son hospitalisation à Paris pendant près de trois mois en 2013, M. Bouteflika, 77 ans dont 15 à la tête de l'Algérie, suit une rééducation pour récupérer toutes ses facultés d'élocution et sa mobilité.

Sollicité par l'AFP à Oran (ouest) le camp Benflis n'a pas souhaité répondre dans l'immédiat.

Auparavant, il avait dénoncé un communiqué d'"une violence inouïe" et d'"une extrême gravité" du camp adverse qui l'accusait aussi de violences. "Il s'agit de propos diffamatoires et d'accusations infondées", a réagi auprès de l'AFP, Lotfi Boumghar, directeur de la communication de M. Benflis à la suite de la diffusion de ce texte par la direction de la campagne de M. Bouteflika.

"Nous prenons acte de la poursuite de comportements violents de la part de parties hostiles au déroulement serein et transparent de la campagne et de l'élection pour la présidentielle, et dénonçons les auteurs de cette violence qui émane de représentants de M. Benflis", a indiqué le communiqué.

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