DIVERTISSEMENT

Saison 2014-2015 du TNM : distributions cinq étoiles (VIDÉO)

11/04/2014 10:36 EDT | Actualisé 11/04/2014 10:37 EDT

En plus de s’enorgueillir de la présence de l’actrice française Catherine Frot en ses murs en février prochain, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) s’appuiera, en 2014-2015, sur des classiques portés par des distributions de très haut calibre. Marc Béland et Benoît McGinnis se lanceront les mots de René-Daniel Dubois; on commémorera l’Holocauste avec Le Journal d’Anne Frank; une vingtaine d’acteurs, Sébastien Ricard en tête, s’activeront sur scène dans Richard III, et le metteur en scène Hugo Bélanger colorera Jules Verne à sa façon dans Le tour du monde en 80 jours. En somme, la directrice Lorraine Pintal et son équipe ont concocté une programmation rassembleuse, où humour et émotion occupent une large place.

On ouvrira la saison avec Being At Home With Claude, de René-Daniel Dubois. Marc Béland apprêtait Hamlet, de Shakespeare, toujours au TNM, en 2011, et dirigeait Benoît McGinnis dans le rôle-titre, et c’est à ce moment que les deux hommes ont eu l’idée de se mesurer l’un à l’autre dans ce thriller policier où un inspecteur talonne un jeune prostitué en interrogatoire. Lorraine Pintal leur a donné le feu vert, et ils ont invité Frédéric Blanchette à les épauler à la mise en scène. Béland interprétera l’inspecteur après avoir jadis joué le jeune prostitué sous les ordres de René-Daniel Dubois. Mathieu Handfield et Jean-Sébastien Lavoie sont également du projet, qu’on applaudira du 16 septembre au 11 octobre.

«C’est un interrogatoire policier dans un palais de justice, mais c’est une pièce sur l’amour, a expliqué Benoît McGinnis. C’est un grand spectacle sur la soif d’être avec quelqu’un. On passe de l’interrogatoire formel à l’expression de sentiments très forts. Il y a beaucoup de matériel pour un acteur!»

Un défi pour Mylène St-Sauveur

Le regard taquin de Maxime Denommée et Anne-Élisabeth Bossé sur l’affiche officielle de L’importance d’être constant, d’Oscar Wilde, en dit semble-t-il très long sur cette production qu’orchestrera Yves Desgagnés, du 11 novembre au 6 décembre. Normand Chaurette assure la traduction de ce chassé-croisé amoureux où les bonnes manières dissimulent habilement une hypocrisie toute victorienne. Raymond Bouchard, Patrice Coquereau, Vincent Fafard, Julie Vincent, et Virginie Ranger-Beauregard sont aussi de cette comédie joyeuse et absurde.

«C’est très drôle et très moderne dans les thèmes, a avancé Anne-Élisabeth Bossé, qui incarnera Gwendoline, fille de Lady Bracknell (Raymond Bouchard), qui sera courtisée par John (Maxime Denommée). Ça parle de la dualité entre le fait de chercher des sentiments purs et vrais, mais dans une approche de séduction parfois un peu superficielle, pour masquer notre désir de vivre réellement quelque chose de profond.»

La jeune comédienne Mylène St-Sauveur fera ses débuts sur les planches dans un personnage plus grand que nature, celui d’Anne Frank. Lorraine Pintal, qui chapeautera ce Journal d’Anne Frank tiré du roman du même titre, adapté par Eric-Emmanuel Schmitt, a rencontré 150 jeunes filles en audition pour trouver «son» Anne Frank, qui sera entourée de Paul Doucet, Pascale Bussières, Jacques Girard, Marie-France Lambert, Marie-Hélène Thibault et Sébastien Dodge, du 13 janvier au 7 février.

«Je tombe dans le plus beau terrain de jeu qu’on pouvait m’offrir, s’est extasiée Mylène St-Sauveur. Comme plusieurs, j’ai lu Le Journal d’Anne Frank, et j’ai déjà été voir des camps de concentration à Berlin parce que ça me fascine. Et le théâtre permet de nous transformer encore plus que la télévision ou le cinéma. Le rapport avec le public n’est pas le même. J’ai très hâte!»

Sébastien Ricard devient un monstre

On attendra avec impatience Oh les beaux jours de Samuel Beckett, dans une relecture de Marc Paquin, et la prestation de Catherine Frot, qui aura comme partenaire de jeu Jean-Claude Durand, du 21 au 26 février. Pour son premier passage dans un théâtre québécois, l’étoile française incarnera l’éternelle optimiste Winnie, qui représente impeccablement l’univers décalé de Beckett.

L’immense collectif que guidera Brigitte Haentjens dans Richard III est impressionnant. Marc Béland, Sophie Desmarais, Sylvie Drapeau, Francis Ducharme, Maxim Gaudette, Renaud Lacelle-Bourdon, Louise Laprade, Jean Marchand, Monique Miller, Paul Savoie et Emmanuel Schwartz sont notamment du lot et livreront cette traduction de Jean-Marc Dalpé du texte de Shakespeare, du 10 mars au 4 avril. Sébastien Ricard se glissera dans la peau de ce machiavélique Richard III, prêt à tout pour dominer la cour d’Angleterre.

«Tous les hommes et les femmes ont, derrière leur bienséance, leur belle allure, leurs beaux discours, leur courtoisie, un côté terrible, voire affreux, a dépeint Sébastien Ricard. Dans le cas de Richard III, il n’a pas de face A. C’est un être ignoble, laid, difforme, mais qui a la chance d’être bien-né. C’est un prince, un duc, mais il est dénué de toute forme de sensibilité ou d’empathie envers les autres. La pièce raconte l’histoire de son ascension vertigineuse vers le trône d’Angleterre et sa chute, encore plus rapide que sa montée.»

Enfin, on clôturera l’année avec Le tour du monde en 80 jours, œuvre de Jules Verne retravaillée par Hugo Bélanger, qui a choisi Benoît Gouin, Stéphane Breton, Carl Béchard et Tania Kontoyanni, entre autres, pour donner vie à ce tour du globe à petite échelle, du 28 avril au 23 mai. Bélanger a promis que sa version n’aura pas le vernis un peu niais qu’on appose généralement au Tour du monde en 80 jours, et Benoît Gouin, qui sera Phileas Fogg, parle pour sa part d’un «voyage fantastique et ludique».

«Hugo Bélanger a une rigueur professionnelle extraordinaire, une imagination débordante, a spécifié Benoît Gouin. C’est un architecte du théâtre. Quand il m’a proposé de faire Le tour du monde en 80 jours, j’ai aussitôt accepté, peu importe ce que ce sera. Son travail doit absolument rayonner.»

Pour tout savoir sur la programmation et les différentes activités du Théâtre du Nouveau Monde, consultez le site web officiel de l’institution.