NOUVELLES

Russie: décès de Nepobedimy, concepteur légendaire de missiles soviétiques

11/04/2014 07:05 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Sergueï Nepobedimy, concepteur légendaire de nombreux systèmes de missiles soviétiques et personnage très secret de l'URSS, est décédé vendredi à l'âge de 92 ans, rapportent les médias russes.

Nepobedimy était le principal concepteur des missiles Malioutka (anti-char), Igla (sol-air antiaérien), Totchka (tactique) ou encore Oka (nucléaire tactique), des inventions qui n'avaient rien à envier au célèbre fusil d'assaut kalachnikov, mais ne portaient pas le nom de son designer, contrairement à Mikhaïl Kalachnikov.

Né en septembre 1921 à Riazan, au sud de Moscou, Nepobedimy -- nom dont la traduction signifie "invincible" -- était doué en maths dès son plus jeune âge et avait demandé à partir au front au début de la Deuxième guerre mondiale. Mais les autorités russes avaient refusé, afin de préserver l'élite intellectuelle et ses meilleurs élèves.

Nepobedimy était alors sur les bancs de la prestigieuse école d'ingénieurs Baumann, qui avait alors été évacuée à Ijevsk (1.100 km à l'est de Moscou), ville phare de l'industrie militaire, où sont situés notamment les usines de kalachnikov.

Après avoir vu des chars et des avions de guerre en action, Nepobedimy a décidé de se lancer dans la conception de missiles. Il considérait le missile nucléaire de courte portée Oka comme sa principale invention.

Nepobedimy avait pour interdiction de quitter l'URSS et aucune photo de lui n'était publiée, sa silhouette étant même supprimée de certaines photos de groupes, selon des médias russes.

Après les négociations entre l'URSS et les Etats-Unis sur la limitation des armes stratégiques, SALT I (1972) et SALT II (1979), tous les systèmes de missiles Oka chers à Nepobedimy ont été détruits.

Ils ont été remplacés par la suite par des missiles Iskander, que la Russie a souvent menacé de déployer à Kaliningrad, enclave russe aux portes de l'Union européenne, afin de répondre aux "menaces" représentées selon Moscou par le projet de bouclier antimissile de l'Otan en Europe.

bfi/ia

PLUS:hp