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Le procureur attaque la version des faits d'Oscar Pistorius

11/04/2014 09:27 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

PRETORIA, Afrique du Sud - Le procureur qui contre-interroge Oscar Pistorius dans le cadre de son procès pour meurtre a tenté, vendredi, de tailler en pièces la version des faits du champion paralympique, en affirmant qu'elle n'est pas logique et qu'elle va à l'encontre de ce que feraient la plupart des gens en pareille situation.

Le procureur Gerrie Nel a plutôt déclaré que «la seule explication raisonnable» des événements survenus tôt le 14 février 2013 est que Pistorius a abattu sa petite amie Reeva Steenkamp de plusieurs coups de feu tirés à trois mètres de la porte de la salle de bain, au terme d'une querelle.

«Elle se tenait derrière la porte de la salle de bain et elle vous parlait quand vous avez tiré sur elle», a lancé Me Nel à Pistorius au terme de la première semaine de témoignage de l'athlète.

«Ce n'est pas vrai», a rétorqué Pistorius, qui a fréquemment nié mentir depuis le début du contre-interrogatoire, il y a trois jours.

Pistorius est accusé du meurtre prémédité de Mme Steenkamp. Il affirme depuis le début qu'il l'a abattue par erreur, en pensant avoir affaire à un intrus, tandis que les procureurs prétendent qu'il l'a tuée volontairement. Pistorius pourrait écoper d'une peine de 25 ans de prison s'il est reconnu coupable.

Me Nel a cité la trajectoire des trois balles qui ont touché la victime à la hanche, au bras et à la tête, et qui démontre qu'elle se tenait derrière et face à la porte, et non au fond de la salle de bain comme elle l'aurait fait si elle avait cru à la présence d'un cambrioleur. Mme Steenkamp n'avait peur de personne «d'autre que vous», a lancé l'avocat à l'athlète de 27 ans.

Me Nel s'est aussi intéressé à la disposition des objets dans la chambre à coucher. Selon lui, la présence d'un couvre-lit sur le sol prouve que le couple ne dormait pas, comme l'affirme Pistorius, mais qu'il était plutôt à se quereller. Pistorius prétend que le drap a été déplacé par la police.

L'avocat a demandé à Pistorius de répéter sa version des événements. Il l'a ensuite fréquemment interrompu pour lui demander pourquoi il n'a pas vérifié où se trouvait Mme Steenkamp, pourquoi il s'approcherait d'une zone potentiellement dangereuse s'il se sentait vulnérable sans ses prothèses, pourquoi Mme Steenkamp ne lui aurait pas répondu et pourquoi un intrus se serait enfermé dans la salle de bain.

«Si vous aviez parlé à Reeva, vous auriez pu faire autre chose», a dit Me Nel, en suggérant par exemple qu'ils aient pu sortir de la chambre à coucher.

Pistorius a expliqué avoir voulu se placer entre la salle de bain et le lit, où il croyait que son amie se trouvait. Me Nel lui a demandé pourquoi Mme Steenkamp serait demeurée silencieuse pendant tout ce temps.

«Ce n'est pas probable. Ce n'est pas possible», a dit le procureur, en demandant de nouveau pourquoi la victime n'a pas répondu quand Pistorius criait à la présence d'un intrus.

«Je suis d'accord avec Me Nel qu'elle aurait été terrifiée, a concédé Pistorius. Mais je ne pense pas qu'elle aurait crié. Dans son esprit, je revenais probablement vers la salle de bain.»

Cet échange corsé entre les deux hommes a mis fin à la première semaine du témoignage de Pistorius, Le procès reprendra lundi, pour une cinquième semaine.

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