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Le premier ministre de l'Ukraine s'engage à donner plus de pouvoirs aux régions

11/04/2014 06:09 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

DONETSK, Ukraine - Le premier ministre de l'Ukraine, Arseni Iatseniouk, a promis vendredi à des dirigeants de l'est de son pays d'accorder plus de pouvoirs aux régions.

Il a rencontré des responsables à Donetsk, où des séparatistes prorusses occupent le bâtiment de l'administration régionale et ont appelé à un référendum qui pourrait entraîner une annexion par la Russie.

Lors de la réunion, qui ne comprenait pas de représentants des séparatistes, M. Iatseniouk a déclaré que plus de pouvoirs devaient être délégués aux autorités régionales. Il n'a pas précisé plus avant ce qu'il envisage comme pouvoirs ou s'il croit que ce sera suffisant pour apaiser les séparatistes.

Les dirigeants lui ont demandé un référendum sur l'autonomie, mais non sur la sécession.

«Il n'y a pas de séparatistes parmi nous», a lancé Gennadi Kernes, le maire de Kharkiv, la deuxième ville en importance du pays où des militants ont occupé un édifice gouvernemental plus tôt cette semaine.

Donetsk et d'autres villes du coeur industriel de l'Est de l'Ukraine constituaient la base de soutien du président et ami du Kremlin Viktor Ianoukovitch, qui a été évincé en février après des mois de protestations.

Avant de quitter Donestk à destination d'une autre ville orientale, M. Iatseniouk a déclaré qu'il souhaite une solution pacifique au conflit, tout en ne fermant pas la porte au recours à la force si les pourparlers échouent. Il a déclaré que les réformes constitutionnelles à venir répondront aux attentes des manifestants, notamment en abolissant les administrations locales gérées depuis Kiev.

De son côté, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a profité d'un déplacement en Bulgarie vendredi pour de nouveau demander à la Russie de retirer les milliers de soldats massés près de la frontière avec l'Ukraine. Il a ajouté que l'OTAN adopte des mesures légitimes en réaction à l'instabilité créée par les actions «illégitimes» de la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a nié toute implication de Moscou dans les événements qui secouent l'est de l'Ukraine, déclarant vendredi à la télévision que «nos militaires ne sont pas là. Nos agents se sont pas là.»

Il a ensuite ajoué que la Russie ne souhaite pas annexer de nouvelles portions de l'est de l'Ukraine et a rejeté les demandes des manifestants qui réclament l'envoi de soldats russes.

«Nous souhaitons que l'Ukraine demeure entière à l'intérieur de ses frontières actuelles», a dit M. Lavrov.

Pendant ce temps, un haut fonctionnaire de l'Union européenne (UE) a révélé que les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres envisageraient d'élargir la liste des personnes sanctionnées en raison de l'annexion par la Russie de la péninsule de Crimée en Ukraine.

Selon lui, certains gouvernements européens voudraient renforcer les sanctions pour dissuader la Russie de déstabiliser davantage la situation dans l'est de l'Ukraine.

Cette personne, qui a parlé aux journalistes sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que les ministres réunis lundi à Luxembourg ne devraient pas décider de nouvelles sanctions. Ils pourraient cependant se mettre d'accord sur la préparation d'une nouvelle liste de cibles.

Toutes les nouvelles sanctions, y compris les interdictions de voyager et le gel des avoirs, requièrent l'unanimité parmi les 28 nations membres de l'Union.

Dans un même ordre d'idée, le secrétaire américain du Trésor, Jacob Lew, a prévenu la Russie que ses actions en Ukraine l'exposent à des sanctions économiques plus musclées. M. Lew a lancé cet avertissement jeudi lors d'une rencontre avec son homologue russe, le ministre des Finances Anton Siluanov.

Les deux hommes se sont rencontrés avant l'ouverture, à Washington, d'un sommet du G20.

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