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Le médecin en chef de la FIFA n'aime pas le plan d'action antidopage du Brésil

11/04/2014 11:56 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

MONACO, Monaco - Le grand patron de la commission médicale de la FIFA se dit «vraiment pas content» du plan d'action antidopage en vue de la Coupe du monde au Brésil, parce que les échantillons prélevés seront acheminés par avion jusqu'à un laboratoire en Suisse — ce qui pourrait ralentir l'obtention des résultats.

La FIFA a dû se tourner vers le laboratoire suisse parce que le laboratoire brésilien qui devait analyser les échantillons à la Coupe du monde a maintes fois été incapable de respecter les normes de l'Agence mondiale antidopage.

La FIFA s'attend à envoyer environ 1000 échantillons de sang et d'urine aux installations accréditées par l'AMA à Lausanne, ce qui entraînera des coûts supplémentaires de 250 000 $ aux frais de l'organisme de régie mondiale du football, a déclaré Michel D'Hooghe, qui préside la commission médicale de la FIFA et fait partie du comité exécutif de l'organisation.

En entrevue avec l'Associated Press, D'Hooghe a noté qu'à l'occasion des tournois précédents de la Coupe du monde, «nous avons toujours pu obtenir les résultats (des tests antidopage) avant le match suivant de l'équipe. Alors si le résultat était positif, nous le savions avant que le joueur puisse disputer un autre match».

Cela ne sera pas nécessairement possible lors du Mondial brésilien, a-t-il souligné.

«Je ne suis vraiment pas content de cette situation, a déclaré D'Hooghe en marge d'une conférence sur la médecine sportive. Nous devons vivre avec. Nous ferons de notre mieux. Mais c'est un point faible. Et c'est là un point que j'ai attaqué à la dernière réunion du comité organisateur (du Brésil), où j'étais, je dirais, comment dire? ...Déçu.»

Le Brésil accueillera les équipes finalistes de la Coupe du monde dans 12 villes réparties dans un pays qui a la cinquième superficie au monde. Le transport des partisans, des joueurs et des organisateurs sera donc un casse-tête important. Les échantillons prélevés à l'extérieur de Rio de Janeiro ou Sao Paulo, qui ensemble seront les hôtesses de 13 des 64 matchs, devront d'abord être acheminés dans une de ces deux villes avant d'être placés à bord d'un avion qui traversera l'Atlantique pour se rendre à Zurich ou Genève. Les échantillons aboutiront ensuite à Lausanne, a expliqué D'Hooghe. La FIFA a mandaté la firme DHL de veiller au transport, a-t-il dit.

D'Hooghe semblait particulièrement préoccupé par la nécessité d'acheminer les échantillons en provenance de Manaus, dans le bassin de l'Amazone. Manaus se trouve à environ quatre heures de vol de Rio et Sao Paulo. L'Angleterre, l'Italie, les États-Unis, le Portugal, le Cameroun, la Croatie, le Honduras et la Suisse disputeront un total de quatre matchs de groupe à cet endroit.

Il faudra «peut-être 36 heures» pour que les échantillons prélevés à Manaus se rendent jusqu'à Lausanne, a indiqué Jiri Dvorak, le médecin en chef de la FIFA. Des autres stades, le temps de transport devrait s'élever à 24 heures, a-t-il dit.

Les avocats représentant des joueurs ayant échoué un test pourraient avoir beau jeu de critiquer le processus de dépistage antidopage en raison de cette logistique de transport qui sera considérablement compliquée. La FIFA pourrait se voir obligée de prouver en audience, ou devant la cour, que les résultats n'ont pas été faussés en raison d'un échantillon qui a été mal géré durant le transport.

«Plus le voyage est long et plus il y a d'étapes avant que l'échantillon se rende en laboratoire, plus le risque d'erreur est grand», a avancé Mike Morgan, un avocat spécialisé dans le sport qui pratique à Londres.

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