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France: épilogue attendu pour un procès hors normes et à rebondissements

11/04/2014 05:42 EDT | Actualisé 11/06/2014 05:12 EDT

Le troisième procès en France de Maurice Agnelet, 76 ans, jugé pour l'assassinat de sa maîtresse Agnès Le Roux en 1977, touche à sa fin avec un verdict attendu vendredi dans une énigme judiciaire hors normes et à multiples rebondissements.

Cette dernière semaine de procès a été marquée par des affirmations spectaculaires de son fils Guillaume, accusant de crime son père, qui ont provoqué des déchirements familiaux.

Le corps d'Agnès Le Roux, une riche héritière peut-être tuée en Italie, n'a jamais été retrouvé. Une "enquête préliminaire" a été ouverte par la justice italienne.

Vendredi matin, Maurice Agnelet, qui ne cesse de clamer son innocence, a demandé pardon à la famille d'Agnès. "Pour le mal que j'ai pu leur faire par mon attitude, mes propos depuis la disparition incroyable et dramatique d'Agnès", a dit cet ancien avocat.

"J'ai constaté que dans ses derniers mots il ne disait pas qu'il n'avait pas tué Agnès. C'est la dernière saillie de Maurice Agnelet, et son pardon qui veut y croire ?", a réagi Jean-Charles Le Roux, frère d'Agnès.

Lundi, les déclarations de Guillaume Agnelet assurant avoir eu à son adolescence des confidences de ses parents selon lesquelles Maurice Agnelet était l'auteur du crime avaient stupéfié la Cour d'assises de Rennes (ouest) où se tient le procès.

La famille Agnelet s'était ensuite déchiré en public dans un climat d'intense tension, avec d'un côté Guillaume et de l'autre son frère, Thomas, et leur mère, Annie Litas, qui contestent ses affirmations. Lors de son interrogatoire, Annie Litas a fondu en larmes en contestant "formellement" les déclarations de Guillaume.

Vendredi, Maurice Agnelet a aussi demandé pardon à sa famille. "Je me suis rendu compte que j'avais gâché leur vie et celle de leur mère", a-t-il déclaré.

- Série de décisions de justice contradictoires -

La veille, l'avocat général, Philippe Petitprez, a requis 20 ans de réclusion criminelle contre Maurice Agnelet. "Qui avait intérêt à ce que disparaisse Agnès Le Roux, sinon Maurice Agnelet ?", a-t-il lancé.

"Celui qui est au centre de l'affaire, c'est Maurice Agnelet. Tout nous ramène vers Maurice Agnelet", a martelé l'avocat général, ajoutant: "J'ai la certitude que Maurice Agnelet est coupable".

Ni le corps d'Agnès Le Roux ni son véhicule n'ont jamais été retrouvés. Cette absence de preuve matérielle fait planer le doute sur la culpabilité de Maurice Agnelet.

La disparition de la riche héritière est survenue quelques mois après qu'elle eut vendu ses parts dans un casino à un concurrent. La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom d'Agnelet.

Lors d'un premier procès en 1985, Maurice Agnelet avait bénéficié d'un non-lieu. Il avait ensuite été acquitté en 2006, puis condamné en appel à 20 ans de prison en 2007, avant que la Cour européenne des Droits de l'homme estime début 2013 que son procès n'avait pas été équitable.

Jeudi, l'avocat de Maurice Agnelet, Me François Saint-Pierre, a réclamé l'acquittement de son client. "Vous avez le devoir de prononcer l'acquittement car vous n'avez pas la preuve de la culpabilité", a-t-il fait valoir.

De son côté l'avocat de la famille Le Roux, Me Hervé Temime, a demandé aux jurés de condamner Maurice Agnelet "sans le moindre doute" pour le meurtre de sa maîtresse. "Je ne croyais pas que la vérité éclaterait avec autant de certitude: Agnelet est coupable et nous savons où, quand et comment", a-t-il plaidé, en référence aux déclarations de son fils Guillaume.

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