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Une grève générale paralyse l'économie de l'Argentine pendant 24 heures

10/04/2014 12:37 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

BUENOS AIRES, Argentine - Une grève générale a paralysé l'économie de l'Argentine, jeudi, interrompant le transport par avion, par train et par autobus, forçant les entreprises et les ports à suspendre leurs activités et empêchant les écoliers d'aller en classe. Ce grand débrayage a également obligé les hôpitaux à n'offrir que les services essentiels, laissé les déchets s'accumuler dans les rues et compliqué beaucoup d'autres aspects de la vie quotidienne dans le pays sud-américain.

Les leaders syndicaux réclament une hausse salariale et une baisse d'impôt, en plus d'exiger que l'État verse les millions qu'il doit aux fournisseurs de soins de santé gérés par les syndicats.

Le gouvernement, qui a partiellement retiré la gestion des fournisseurs aux syndicats après les avoir accusés de mal utiliser les fonds, conteste cette présumée dette.

La population de l'Argentine doit composer avec une inflation de 30 pour cent, mais l'argent qui permettrait d'augmenter les salaires doit provenir de quelque part et les analystes affirment que la croissance économique est freinée par le manque de confiance en l'avenir du pays.

Beaucoup d'Argentins tentent aussi de s'ajuster à des augmentations de 500 pour cent des prix des services de base alors que l'État a commencé à supprimer les subventions accordées pour l'énergie à la suite de la crise économique de 2002.

La hausse constante du coût de la vie et l'importante dévaluation du peso en janvier ont provoqué des centaines de petites manifestations avant la grève générale de jeudi.

Plusieurs observateurs craignent que la président Cristina Fernandez, qui contrôle par décret de nombreux aspects de l'économie argentine, n'ait décidé d'oppresser la classe moyenne en augmentant les impôts et les taxes de même qu'en coupant les subventions afin de trouver les fonds nécessaires pour apaiser les syndicats et les autres groupes qui pourraient menacer son gouvernement.

La grève de jeudi n'a pas semblé impressionner Mme Fernandez. «Si la situation est si critique, qui sont ces milliers et milliers d'Argentins que je vois dans la capitale, où les restaurants n'ont pas une chaise de libre?» a-t-elle lancé sur un ton de défi.

Le débrayage de 24 heures a été organisé par le plus important regroupement de syndicats de l'Argentine, la CGT, qui a soutenu qu'un million de travailleurs étaient restés à la maison jeudi.

Le chef de la CGT, Hugo Moyano, a promis de lancer d'autres grèves si le gouvernement ne répondait pas aux demandes des syndiqués.

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