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Un Nigérian arrêté, selon sa famille, pour avoir tweeté les photos d'une attaque

10/04/2014 10:31 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Un Nigérian ayant publié sur Twitter des photos d'une tentative d'évasion de prisonniers des quartiers généraux des services de renseignements a été arrêté et n'a donné aucune nouvelle depuis 11 jours, affirme jeudi sa famille.

Chidi Odinkalu, chef de la Commission nationale des droits de l'Homme, a indiqué que ses services enquêtaient sur la disparition de Yusuf Siyaka Onimisi, 32 ans.

21 détenus avaient péri le 30 mars lors d'une tentative d'évasion des locaux du quartier général des services de renseignements intérieurs (DSS) à Abuja, la capitale nigériane. Ils ont été abattus par des membres du DSS, a reconnu ce dernier, sans expliquer pourquoi.

M. Onimisi, un employé de la compagnie nigériane d'électricité, travaillait dans l'enceinte de la présidence nigériane, à proximité du siège du DSS, le jour de la tentative d'évasion, selon son frère, Yusuf Sanusi.

Il a alors appelé son frère. "Il m'a dit qu'il y avait des coups de feu, il ne savait pas bien ce qui se passait" et il a décidé de se rapprocher des tirs, raconte M. Sanusi.

Quand ce dernier a essayé de le joindre à nouveau, plus tard dans la journée, M. Onimisi n'était plus joignable sur son portable.

Selon des collègues de M. Onimisi, il a été arrêté pour "avoir pris des photos (de la fusillade) et les avoir mises sur Twitter", rapporte M. Sanusi.

Sur le fil de son compte Twitter, @ciaxon, on peut encore lire les tweets faisant état de coups de feux autour de la présidence, accompagnés de quatre photos.

Sur deux photos, on voit des soldats allongés dans les brousailles. Une autre photo montre l'avenue qui passe devant la présidence, déserte, et la dernière photo semble montrer un soldat s'abritant derrière une voiture.

"Les soldats nigérians sont les meilleurs! Ils ont fait du bon boulot!" tweete-t-il, décrivant le survol d'hélicoptère et la capture de détenus.

Contactée par téléphone, la porte-parole du DSS, Marylin Ogar, n'a pas donné suite aux questions de l'AFP.

La nouvelle de l'arrestation de M. Onimisi a déclenché une avalanche de commentaires sur Twitter, sous le hashtag #freeCiaxon ("libérez Ciaxon").

Selon M. Sanusi, même si son frère a enfreint la loi en postant des photos d'une zone sensible sans permission, sa famille a le droit de savoir comment il va.

Les forces de l'ordre nigérianes ont souvent invoqué la sécurité intérieure pour justifier des arrestations sommaires ou des intimidations.

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