NOUVELLES

Pistorius est accusé d'égoïsme et de malhonnêteté

10/04/2014 08:59 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

PRETORIA, Afrique du Sud - Le procureur en chef au procès pour meurtre d'Oscar Pistorius a lancé jeudi une attaque en règle contre sa crédibilité, en lui reprochant d'avoir formulé une multitude d'excuses qui expliqueraient pourquoi il ne devrait pas être blâmé pour les nombreuses accusations auxquelles il fait face.

En s'attaquant ainsi à l'honnêté du champion paralympique, Me Gerrie Nel cherchait à rehausser l'hypothèse qu'il défend, à savoir que Pistorius ment quand il affirme avoir tiré par erreur sur sa petite amie Reeva Steenkamp, le 14 février 2013, en pensant avoir affaire à un cambrioleur.

Vers la fin de l'audience de jeudi, Me Nel a déclaré que Pistorius laisse entendre que les policiers ont contaminé la scène du crime en déplaçant des objets. Il a ajouté que Mme Steenkamp a fui leur chambre à coucher après une querelle avec l'athlète.

«(La victime) est sortie de là en hurlant», a-t-il dit. La version de Pistorius, a-t-il ajouté, ne correspond à aucune preuve physique sur place et n'est pas «raisonnablemen possible».

Me Nel a lancé que le double amputé «n'accepte la responsabilité de rien» et a réagi avec incrédulité quand Pistorius a affirmé qu'une arme qu'un ami venait de lui passer sous la table, dans un restaurant de Johannesbourg, a fait feu sans qu'il n'ait appuyé sur la gâchette.

Pistorius fait face à des accusations en lien avec cet incident.

«On sait que vous étiez en possession de l'arme, un coup a été tiré, mais ce n'était pas par vous? Je pense plutôt que c'est vous qui avez tiré. Il n'y a pas d'autre façon. Vous mentez», l'a accusé Me Nel.

«Je respecte les commentaires de Me Nel, mais je n'ai pas appuyé sur la gâchette de cette arme», a répliqué l'athlète.

Pistorius a aussi affirmé que deux témoins, un ami et une ancienne copine, mentent concernant un incident survenu en 2012, quand le coureur est accusé d'avoir tiré un coup de feu par le toit ouvrant de sa voiture. Il affirme également être innocent des accusations portées contre lui après que des balles de calibre .38 aient été retrouvées à son domicile. Il prétend que ces balles appartenaient à son père.

«Vous ne voulez simplement pas accepter la responsabilité de quoi que ce soit», lui a lancé Me Nel.

L'avocat lui a aussi reproché d'avoir eu un comportement égoïste dans sa relation avec Reeva Steenkamp avant de la tuer.

Il a ensuite affirmé que les excuses présentées en cour par Pistorius à la famille de la victime n'étaient qu'un spectacle hypocrite qui ne tenait pas compte des sentiments de ses proches.

Me Nel a lancé que Pistorius était parfois méchant envers Mme Steenkamp. Il a notamment évoqué une dispute qu'ils auraient eu concernant une chanson rap au titre vulgaire, «Bitch, Dont't Kill My Vibe» (Salope, laisse-moi vivre). Mme Steenkamp a ensuite laissé un message à Pistorius dans lequel elle déclare ne pas être «une salope qui essaie de t'empêcher de vivre».

Pistorius prétend qu'il essayait de protéger Mme Steenkamp, le 14 février 2013, quand il a tiré quatre coups de feu dans la porte de sa salle de bain, en pensant être confronté à un intrus. Les balles ont plutôt tué Mme Steenkamp. Les procureurs affirment que Pistorius a abattu son amie au terme d'une querelle.

Pistorius a déclaré que ses avocats ont communiqué avec les proches de Mme Steenkamp, mais que ceux-ci ne semblaient pas prêts à le rencontrer.

L'athlète pourrait écoper d'une peine d'au moins 25 ans de prison s'il est reconnu coupable.

PLUS:pc