NOUVELLES

Pakistan: le chef d'un groupe "terroriste" fera son entrée au parlement

10/04/2014 04:28 EDT | Actualisé 09/06/2014 05:12 EDT

Le leader d'une organisation inscrite sur la liste pakistanaise des groupes terroristes fera son entrée prochainement au parlement de la province du Penjab, la plus peuplée du pays, après la disqualification de son rival aux élections de l'an dernier, ont indiqué jeudi des responsables.

Le mollah Ahmad Ludhianvi, chef du Ahl-e-Sunnat wal Jamaat (ASWJ), une organisation sunnite responsable de nombreux attentats contre la minorité musulmane chiite, avait interjeté appel devant les tribunaux de sa défaite aux législatives de mai dernier.

M. Ludhianvi, candidat d'un regroupement de petits partis religieux, avait perdu dans la circonscription provinciale de Jhang face à Shaikh Mohammad Akram de la Ligue Musulmane (PML-N) formation à la tête du gouvernement fédéral et de la province du Penjab (est).

Le chef de l'ASWJ, une organisation inscrite sur la liste pakistanaise des groupes terroristes comme les talibans avec lesquels le gouvernement a initié des pourparlers, reprochait à son adversaire local de ne pas avoir payé ses factures avant le scrutin, ce qui constitue un critère de disqualification selon la loi électorale.

"Le tribunal électoral a retiré mercredi son siège à Shaikh Mohammad Akram et déclaré le mollah Ludhianvi vainqueur car il avait terminé en deuxième position", a déclaré jeudi à l'AFP Mehboob Anwer, chef de la Commission électorale du Penjab.

Les partisans de M. Ludhianvi se sont réjouis à l'annonce de sa victoire et distribué des sucreries dans les rues de Jhang, ville considérée comme l'un des principaux centres de la mouvance islamiste anti-chiite au Penjab.

Avec ses plus de 180 millions d'habitants, le Pakistan est le deuxième pays le plus peuplé au monde musulman, après l'Indonésie.

Le "pays des purs" compte environ 20% de musulmans chiites, minorité qui est la cible d'attaques de groupes islamistes armés qui l'accuse de défendre les intérêts de l'Iran voisin, premier pays chiite au monde.

"Nous allons déposer un projet de loi pour contrôler les violences sectaires et stopper l'intervention d'un pays voisin dans nos affaires", a déclaré à l'AFP un assistant du mollah Ludhianvi, Younas Qasmi, en référence à l'Iran et à la minorité chiite que l'ASWJ accuse de semer la sédition dans le pays.

wh-mmg-gl/ia

PLUS:hp