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«Marie-Antoinette» du Houston Ballet: l'inégalité et l'injustice d'un drame historique (VIDÉO)

10/04/2014 10:20 EDT | Actualisé 10/04/2014 10:36 EDT

Marie-Antoinette a inspiré une multitude de livres, de films, de documentaires et de pièces de théâtre, mais elle a également fait germer une partition chorégraphique dans la tête de Stanton Welch. Plus de cinq ans après sa création au Texas, l’œuvre du Houston Ballet débarque à Montréal avec juste ce qu’il faut de faste et de luxure pour accrocher des étoiles dans les yeux des spectateurs, mais pas suffisamment d’émotions pour leur secouer le cœur pendant trois actes.

Le premier acte s’ouvre sur l’accord de paix entre la France et l’Autriche, qui scellera l’union de Louis-Auguste, jeune prétendant au trône, et de Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême. Son arrivée en France sera l’occasion pour les gens de la cour de procéder à une analyse méticuleuse de son physique et de son potentiel. Cet acte d’humiliation, voire d’intimidation, n’est toutefois pas représenté à la hauteur du trouble qui pouvait habiter la future reine.

Il est bien sûr impossible de lever le nez sur la splendeur des costumes, la grâce naturelle des danseurs, ainsi que le plaisir évident qu’ils ont à se rassembler autour du lit conjugal, afin d’apprendre si le couple royal a finalement consommé son union. La curiosité et les encouragements des débuts seront vite remplacés par une suite de railleries, d’insultes et de quolibets.

La procréation des monarques venant manifestement avec un lot de pression, que n’arrivent malheureusement pas à nous faire ressentir pleinement les deux interprètes principaux.

Le deuxième acte redonne du pep à l’ensemble, alors que Marie-Antoinette a insufflé une dose d’étincelles et de joie de vivre à son environnement: chaises affublées de coussins colorés, costumes aux allures réjouissantes, banquet de victuailles et de sucreries, ambiance détendue où les convives s’amusent comme des enfants. On sent finalement les danseurs investis dans l’histoire qu’ils racontent.

Ces brefs moments de pétillement sont vite plombés par le flirt de la reine et du comte suédois Axel Fersen, avec qui elle partage ses plaisirs diurnes et nocturnes, mais la production revient nous toucher à nouveau quand la Révolution française éclate. La présence des révolutionnaires, issus du peuple, insuffle une bonne dose de vérité, de saleté et de brutalité à la production. On en redemande.

Vient alors le troisième et dernier acte, qui est lui aussi composé d’une partition en dents de scie. Les passages où les dizaines de danseurs sont réunis sur scène, afin d’exprimer toute la colère qui sommeillait chez les citoyens, sont poignants et visuellement très forts. Toutefois, le procès des membres de la royauté, les adieux et les exécutions n’émeuvent pas autant qu’elles le devraient.

Stanton Welch a pris le pari de miser sur une chorégraphie plus relevée d’un point de vue théâtral que d’un point de vue technique, mais ils ne semblent pas avoir poussé ses ambitions assez loin pour que les tableaux de l’histoire nous marquent le cœur et l’esprit.

Un spectacle d’une sage et inégale beauté

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Marie-Antoinette est présenté à la salle Wilfrid-Pelletier de Montréal du 9 au 12 avril 2014. Cliquez ici pour plus de détails.

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