NOUVELLES

L'ONU envoie 12 000 Casques bleus en République centrafricaine

10/04/2014 09:57 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé jeudi l'envoi de près 12 000 Casques bleus en République centrafricaine, un pays déchiré par les violences entre musulmans et chrétiens.

Les 10 000 soldats et 1800 policiers prendront le relais des 5000 hommes déployés par l'Union africaine, mais seulement à compter du 15 septembre.

Les 2000 soldats français déjà sur le terrain ont été autorisés d'avoir recours à «tous les moyens nécessaires» pour venir en aide à la nouvelle force onusienne.

L'ambassadeur français auprès des Nations unies, Gérard Araud, a déclaré que la situation demeure explosive.

«Les soldats de l'Union africaine appuyés par les soldats français font un boulot extraordinaire pour protéger les civils mais ce n'est pas encore assez, a-t-il dit. La résolution que nous venons d'adopter représente un point tournant.»

Le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Toussaint Kongo-Doudou, a remercié le Conseil de sécurité, en déclarant que la résolution «jette les fondations d'une solution et d'une sortie de crise».

La résolution s'inquiète des nombreuses exactions commises par les deux camps et demande que «toutes les milices et groupes armés déposent leurs armes, cessent immédiatement toute violence ou activités déstabilisantes, et libèrent les enfants dans leurs rangs».

Le Conseil de sécurité souhaitait un mandat fort et la résolution autorise la nouvelle force onusienne à protéger les civils et à appuyer le désarmement des combattants et le retour de la paix, de la loi et de l'ordre. Elle autorise aussi la mission à collaborer aux enquêtes sur de possibles atteintes aux droits de la personne et à arrêter les suspects.

Le directeur de Human Rights Watch à l'ONU, Philippe Bolopion, a demandé à l'ONU de concrétiser rapidement la présence de la force sur le terrain, «y compris en fournissant des soldats soigneusement triés, pour que la mission de l'ONU elle-même ne fasse pas l'objet d'allégations».

«Cette résolution ne signifie pas que la cavalerie de l'ONU va arriver et régler tous les problèmes», a-t-il prévenu.

Pendant ce temps, sur le terrain, des affrontements entre combattants chrétiens et musulmans ont fait au moins 30 morts, en plus de chasser d'autres habitants de chez eux, a indiqué jeudi un prêtre.

Le père Everaldo De Suza, de la paroisse Sainte-Anne dans la ville centrale de Dekoa, a expliqué que la violence a éclaté mardi quand des miliciens chrétiens ont attaqué et que des combattants musulmans ont répliqué.

Le bilan a été confirmé par un commandant chrétien, qui a toutefois nié que ses hommes soient les instigateurs des affrontements.

Les musulmans, des membres de l'ancienne alliance rebelle Seleka, ont appelé des renforts, selon le père De Suza. La majorité des victimes seraient des civils abattus par des musulmans qui ont tiré sur une foule qu'ils croyaient composée de militants chrétiens.

D'autres ont fui la ville pour trouver refuge dans la jungle, pour échapper aux menaces de mort et au pillage.

La République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis plus d'un an et certains observateurs croient qu'elle vacille au bord du génocide.

PLUS:pc