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L'ex-ministre fédéral des Finances Jim Flaherty est décédé

10/04/2014 02:30 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Jim Flaherty, qui a été ministre des Finances depuis la première élection des conservateurs de Stephen Harper en 2006, est décédé «paisiblement» jeudi, à l'âge de 64 ans, a indiqué sa famille.

La femme de M. Flaherty, Christine Elliott, a écrit que la famille «apprécie le fait que dans sa vie publique, il a pu compter sur le soutien important des Canadiens de tout le pays, et de ses collègues dans le monde».

La Chambre des communes a suspendu ses travaux juste avant la période de questions quotidienne, jeudi après-midi, en apprenant la nouvelle. Le premier ministre Stephen Harper a ensuite réuni à la hâte les membres du caucus conservateur pour confirmer la nouvelle du décès de «notre collègue, mon partenaire et mon ami Jim Flaherty».

«Aujourd'hui est une journée très triste pour moi, pour notre gouvernement et pour tout notre pays», a dit M. Harper, visiblement sonné par la nouvelle du décès subi de celui qui aura été son unique ministre des Finances de 2006 jusqu'à son départ il y a un peu plus de trois semaines.

Les conjectures sur son avenir se multipliaient alors — il avait reconnu en 2013 souffrir d'une rare maladie de la peau, et ses médicaments semblaient le fatiguer et lui faire prendre du poids. Mais son état ne faisait pas craindre immédiatement pour sa vie.

Même s'il reconnaissait alors avoir éprouvé des ennuis de santé, M. Flaherty se disait en voie de rétablissement complet, et soutenait que sa maladie n'avait joué aucun rôle dans sa décision de démissionner. Il disait plutôt vouloir retourner au secteur privé après le sentiment du devoir accompli au gouvernement.

M. Flaherty est l'un des ministres des Finances qui aura été le plus longtemps à ce poste au Canada. Il aura tenu les rênes lors de l'une des pires crises économiques du pays, en 2008-2009, alors que son gouvernement, pour relancer et soutenir l'économie canadienne, multipliait les investissements dans les infrastructures — un interventionnisme contre-nature pour des conservateurs.

Le ministre a ainsi dû cumuler les déficits année après année, avant de déposer enfin un budget à toutes fins pratiques équilibré en février 2014.

Pendant son régime, il a notamment ordonné un refroidissement des prêts hypothécaires afin d'éviter la bulle immobilière comme celle qui a ébranlé les États-Unis, et il a créé le Compte d’épargne libre d’impôt (CÉLI) pour les petits investisseurs et l'épargne-retraite.

Montréalais d'origine

M. Flaherty était né à Lachine le 30 décembre 1949 et a grandi à Montréal. Diplômé en droit de l'université York, à Toronto, il a été avocat pendant plus de 20 ans avant de faire le saut en politique.

Il a d'abord tenté sa chance — sans succès — sur la scène provinciale ontarienne en 1990 dans la circonscription de Durham.

Il reviendra à la charge en 1995, avec succès cette fois, dans Whitby-Ajax, et il fera son entrée deux ans plus tard dans le cabinet de Mike Harris à titre de ministre du Travail. Il occupera aussi sur la scène provinciale les rôles de ministre des Finances, procureur général et vice-premier ministre.

En 2006, après deux vaines tentatives pour prendre les rênes du Parti conservateur en Ontario, M. Flaherty fait le saut en politique fédérale, vainqueur dans Whitby-Oshawa lors des élections ayant accordé un premier gouvernement minoritaire aux conservateurs de Stephen Harper.

À titre de ministre des Finances, M. Flaherty s'est rapidement attelé à la réduction du fardeau fiscal des contribuables. Il a commencé en 2006 en réduisant d'un point d'un point de pourcentage la taxe sur les produits et services (TPS), qui passait à 6,0 pour cent; il sabre un autre point de pourcentage deux ans plus tard.

En 2006, il a aussi annoncé des modifications aux règles fiscales sur les fiducies de revenus, qui ont suscité de vives oppositions et ont mené à des audiences spéciales du comité des finances aux Communes.

M. Flaherty aura continué à trouver des façons de réduire les taxes et impôts des Canadiens, créant notamment le Régime enregistré d'épargne-invalidité, un projet qui lui tenait à coeur — l'un de ses trois fils de souffre d'une déficience intellectuelle.

«Alors que j'amorce un nouveau chapitre de ma vie, je quitte avec le sentiment du devoir accompli (...) durant l'une des périodes les plus exigeantes de l'histoire de notre pays», écrivait-il au moment de sa démission en février.

Il laisse dans le deuil sa femme Christine Elliott et ses fils John, Galen et Quinn.

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