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Le Nasdaq, balayé par des doutes sur la valorisation du secteur "tech"

10/04/2014 07:17 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

La Bourse de New York a été emportée jeudi par un plongeon de son indice technologique, le Nasdaq, signe de la nervosité croissante des investisseurs vis-à-vis de la valorisation d'un secteur qui a longtemps bénéficié d'un afflux exceptionnel de liquidités.

Très chahuté depuis la fin mars, le secteur technologique, emmené par ses titres phare comme Tesla, Facebook ou Netflix, a enregistré sa pire séance depuis novembre 2011, chutant de plus de 3%.

Les autres indices vedettes de Wall Street, le Dow Jones et le Standard & Poor's 500, qui avaient débuté la séance près de l'équilibre, ont dégringolé dans son sillage de 1,62% et 2,09%.

Au total, le Nasdaq a perdu 7% depuis le 5 mars, date à laquelle il s'était hissé à un plus haut depuis le 7 avril 2000, à 4.357,97 points. L'indice technologique a donc perdu trois fois plus que le S&P (-2,17%).

De plus en plus, "la nervosité du marché s'est concentrée sur le Nasdaq", a remarqué Peter Coleman, courtier chez ConvergEx Group: d0ans un environnement macroéconomique incertain, où persistent les doutes sur la croissance des Etats-Unis et de la Chine, premières puissances économiques mondiales, sans oublier les risques géopolitiques en Ukraine, l'humeur est de moins en moins à la prise de risque.

D'autant que la politique de l'argent facile de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, ne sera bientôt que l'ombre d'elle-même, craignent les investisseurs.

"Nous passons d'une année 2013 dopée par les liquidités à une année où la Fed se retire petit à petit", résume Stéphane Ventilato, vendeur d'actions chez Banca Imi, évoquant "une phase de transition". Après la réduction de ses achats de liquidités, "une hausse des taux est attendue dès 2015", ajoute-t-il.

Or, le secteur technologique et ses valeurs stars Apple, Google mais aussi Amazon, Netflix, Tesla, Twitter et bien sûr Facebook, ont été les premiers bénéficiaires de l'afflux énorme de liquidités l'an dernier.

"Quand le marché monte, les sociétés qui montent le plus, ce sont les valeurs à forte croissance, là où la technologie avance le plus vite" et là où on s'attend aux plus gros investissements en équipements et en recherche, explique M. Ventilato.

C'est la nature-même de leur modèle d'affaires, et c'est la où l'on s'attend aux meilleurs rendements de l'action en période de croissance.

"On accepte de payer (la valorisation) élevée d'une société quand on sait que les bénéfices seront au rendez-vous", renchérit Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

- Perte de confiance -

Là où le bât blesse, c'est "quand on perd cette confiance", on perd son appétit pour les sociétés aux plus grosses valorisations, poursuit-il.

La crise de confiance a démarré dès fin mars dans le sous-secteur des biotechnologies, dont les indices spécialisés ont perdu environ 20% depuis. Pour M. Volokhine, tout a commencé lorsque les laboratoires américains Gilead ont été critiqués, dans une lettre datée du 20 mars, par trois parlementaires démocrates américains, pour "le coût extraordinairement élevé" de leur médicament contre l'hépatite C chronique, le Sovaldi. Son coût pour un traitement: 84.000 dollars.

"C'est là que la correction a commencé. Comme ces valeurs (à l'instar de Gilead) ont des valorisations très élevées, basées sur des bénéfices de produits très chers", si le doute s'installe sur la capacité à vendre, c'est la chute, explique-t-il.

A partir de là, l'engrenage était lancé.

"Les inquiétudes se sont en effet concentrées sur les sociétés au plus fort ratio +PE+" (prix de l'action/bénéfice par action), a remarqué Peter Coleman. "Jusqu'à aujourd'hui, les biotechnologies se sont échangées à un ratio de valorisation de 35, soit plus du double du S&P, qui cote à 17", explique-t-il. Le Nasdaq se situe à 32.

Est-ce pour autant le signal d'une correction générale du marché? "Je ne pense pas", estime le courtier de ConvergEx. "Les gens sont nerveux, certes, mais ce n'est pas la panique non plus".

Pour preuve, l'indice de volatilité VIX, dit "indice de la peur" reste à 14,98, bien en-deçà du niveau 20, qui selon lui marque "le début de la panique".

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