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La crise alimentaire en Syrie s'aggrave et ne serait pas près de se résorber

10/04/2014 06:35 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La crise alimentaire à laquelle les civils de la Syrie font face est plus grave que jamais et qu'elle ne semble pas en voie de se résorber, selon une agence de l'Organisation des Nations unies.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a été forcé de couper la distribution de vivres pour les déplacés et les réfugiés de 16 pour cent ce mois-ci après une diminution de 20 pour cent en mars, a précisé Muhannad Hadi, coordonnateur des opérations humanitaires du PAM pour la Syrie.

Ces réductions successives sont intervenues alors qu'un nombre inégalé de gens dépendent strictement de cette aide pour subsister, et au moment où le PAM prévoit que la quantité de noms apparaissant sur sa liste de bénéficiaires désespérés passera de 5,8 millions à sept millions, d'ici la fin de l'année, en Syrie et dans les pays avoisinants.

Lors d'une entrevue réalisée à Washington jeudi, M. Hadi a remercié le Canada pour son aide humanitaire se chiffrant à 100 millions $.

Comme les besoins continuent à croître, a-t-il cependant ajouté, la communauté internationale devra faire plus.

Le PAM a immédiatement besoin de 306 millions $ pour nourrir les déplacés syriens entre les mois d'avril et de juin. De plus, il devra récolter 1,26 milliard $, d'ici la fin de 2014, afin de poursuivre sa mission.

M. Hadi a avancé que le nombre de réfugiés continuera d'augmenter durant l'année à venir si bien qu'éventuellement, 2,7 millions d'habitants de la Syrie se trouveront dans cette situation peu enviable. Ils viendront s'ajouter aux 4,25 millions de déplacés vivant à l'intérieur des frontières du pays.

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique a demandé au gouvernement Harper d'autoriser davantage de réfugiés syriens à s'amener au Canada.

Le porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, Paul Dewar, a souligné que le quota fixé à 1300 doit être revu à la hausse. Il a déclaré que «le Canada peut faire plus».

M. Hadi a déjà rejeté cette suggestion.

«Ce qui facilitera la vie de tout le monde serait que le conflit se termine, qu'une solution politique soit trouvée pour que les réfugiés aient la possibilité de rentrer chez eux et rebâtir leur pays».

«Je vous assure, ces gens veulent retourner dans leur maison.»

Il a poursuivi en disant que, souvent, les Syriens recevant de l'aide humanitaire lui demandent d'où provient ce soutien.

Muhannad Hadi a spécifié qu'il a alors l'occasion d'identifier le Canada comme étant l'un des États donateurs.

«Le peuple syrien a un grand respect à l'égard du Canada.»

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