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La clinique Morgentaler de Fredericton ferme pour des raisons financières

10/04/2014 09:35 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

FREDERICTON - La clinique Morgentaler de Fredericton fermera ses portes à la fin juillet après 20 ans d'activités, pour des raisons financières.

La directrice, Simone Leibovitch, a affirmé que la décision résultait du refus du gouvernement provincial de financer la pratique dans les cliniques.

Elle a souligné que l'établissement continuait d'offrir des services d'avortement bien qu'il ait essuyé des pertes d'environ 100 000 $ au cours de la dernière décennie.

«La politique du docteur Morgentaler a toujours été de faire en sorte qu'aucune femme ne puisse se voir refuser un avortement, et nous avons poursuivi dans cette voie», a dit Mme Leibovitch en conférence de presse.

«La réalité est que nous ne pouvons pas continuer à pratiquer des avortements qui ne sont pas défrayés par l'État. C'est impossible», a-t-elle ajouté.

L'avortement n'est couvert par l'assurance-maladie au Nouveau-Brunswick que si deux médecins certifient qu'il est médicalement requis et qu'il est pratiqué par un spécialiste dans un hôpital accrédité.

«En ce qui me concerne, la solution à ce problème incombe au gouvernement du Nouveau-Brunswick, a dit Mme Leibovitch. Le gouvernement doit abroger le Règlement 84-20. Il s'agit d'un obstacle aux soins de santé. Il a toujours s'agit d'un obstacle aux soins de santé.»

Le Règlement — pris en vertu de la Loi sur le paiement des services médicaux — a été adopté en 1984 et a représenté une source de controverse au fil des années.

En 2005, l'ancien gouvernement libéral fédéral avait exhorté le gouvernement du Nouveau-Brunswick à financer les cliniques privées d'avortement, mais avait été rabroué.

En 2002, le docteur Henry Morgentaler avait intenté une poursuite pour forcer le gouvernement provincial à défrayer les coûts de la procédure. La cause est en suspens depuis le décès du docteur Morgentaler en mai dernier.

La clinique Morgentaler exigeait des frais de 700 $ à 850 $ pour la procédure, selon l'avancement de la grossesse. Il s'agit de la seule clinique Morgentaler dans les provinces maritimes.

Les femmes résidant à l'Île-du-Prince-Édouard qui voulaient avoir accès à un avortement dans le système public devaient se rendre dans un hôpital à l'extérieur de la province munies d'une recommandation d'un médecin.

Mme Leibovitch a indiqué que la clinique accueillait entre 600 et 700 patientes annuellement, et qu'environ 10 pour cent provenaient de l'Île-du-Prince-Édouard.

Mme Leibovitch a dit avoir le coeur brisé par cette décision de fermer la clinique, disant craindre que des femmes se voient refuser un avortement en l'absence d'une recommandation par un médecin.

Henry Morgentaler, un médecin de famille montréalais, avait été propulsé à l'avant-scène en 1967 en devenant le principal défenseur du droit des femmes à obtenir des avortements sur demande.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, qui occupe aussi les fonctions de procureur général, a refusé de commenter, jeudi, évoquant des procédures en cours devant les tribunaux.

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