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France: ouverture d'une enquête préliminaire sur le rachat du canadien Uramin par Areva

10/04/2014 10:19 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Le parquet financier en France a ouvert une enquête préliminaire portant sur les conditions de rachat en 2007 par le groupe nucléaire français Areva de la société minière canadienne Uramin, a annoncé jeudi une source judiciaire.

Cette enquête fait suite à un signalement de la Cour des comptes, juridiction administrative chargée de contrôler la régularité des comptes publics, auprès du parquet national financier, a ajouté cette source, confirmant une information du journal Le Monde.

Selon le quotidien, la Cour des comptes devrait rendre en mai un rapport définitif sur le groupe nucléaire français durant la période 2006-2012.

La société canadienne Uramin avait été achetée à prix d'or --2,5 milliards de dollars-- par Areva en 2007, une transaction réalisée sous la présidence d'Anne Lauvergeon, qui a viré au gouffre financier depuis son départ.

Après le départ de Mme Lauvergeon, évincée avec l'aval de la présidence française à la mi-2011 et remplacée par Luc Oursel, Areva avait divisé par cinq la valeur comptable d'Uramin.

L'ex-dirigeante était toutefois sortie blanchie d'une enquête menée par Areva sur cette acquisition.

En mars 2012, un rapport parlementaire avait largement repris les conclusions du comité d'enquête interne d'Areva sur cette acquisition, qui avait estimé qu'elle n'avait pas donné lieu à des manoeuvres frauduleuses mais avait été entachée par des "dysfonctionnements" en matière de gouvernance.

Ce rapport soulignait toutefois des "carences" tant du côté d'Areva que de l'Agence des participations de l'Etat (APE), l'organisme qui défend les intérêts de l'Etat au sein de ce groupe public à 87%, dans leurs échanges lors de l'acquisition d'Uramin par le groupe nucléaire public.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, Mme Lauvergeon a indiqué que l'acquisition d'Uramin était considérée comme "stratégique à l'époque", soulignant qu'"elle a été soumise et validée par toutes les instances de décision du groupe, et les règles de gouvernance ont été respectées".

"La direction d'Areva ainsi que les autorités de tutelle - l'Agence des participations de l'Etat et le ministère de l'Industrie - se sont ainsi vus communiquer tous les éléments d'informations sur cette opération. En outre des analyses et des études avaient été menées, dans le cadre de cette acquisition, par des tiers indépendants", a-t-elle ajouté.

Pour Mme Lauvergeon, les dépréciations des actifs miniers d'Arera découlent "pour l'essentiel" de l'effondrement des cours de l'uranium consécutif à la catastrophe de Fukushima au Japon.

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