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France: 20 ans de réclusion requis contre un homme accusé d'avoir tué sa maîtresse voici 36 ans

10/04/2014 12:17 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Vingt ans de réclusion criminelle ont été requis jeudi contre Maurice Agnelet, un ex-avocat accusé d'avoir tué voici 36 ans sa maîtresse Agnès Le Roux, riche héritière dont la disparition jamais élucidée constitue l'une des grandes énigmes judiciaires françaises.

"Toute l'attitude de Maurice Agnelet après les faits vient confirmer la conviction qu'il est l'auteur de la disparition d'Agnès Le Roux", a indiqué au cours de son réquisitoire l'avocat général Philippe Petitprez devant la cour d'assises de Rennes (ouest). L'avocat général n'a pas demandé la perpétuité, considérant que cela serait "excessif".

Le magistrat a demandé la même peine, 20 ans, à laquelle Maurice Agnelet avait déjà été condamné par la cour d'assises d'Aix-en-Provence (sud-est) en 2007, puis annulée par la Cour européenne des droits de l'Homme qui a jugé en 2013 que le procès n'avait pas été équitable.

L'avocat général, qui a assuré avoir la "certitude que Maurice Agnelet est coupable", a dénoncé une enquête initiale "bâclée". Il a aussi formellement écarté les hypothèses d'une disparition volontaire, d'un suicide ou d'une disparition accidentelle, ainsi que la piste mafieuse, et qualifié l'accusé d'homme "assoiffé de pouvoir et d'argent".

L'avocat de la famille de la victime, Me Hervé Temime, a pour sa part assuré avant les réquisitions que "des preuves certaines vont vous permettre de condamner sans le moindre doute Maurice Agnelet". Il a cité notamment les "mensonges" de l'accusé, la dernière rencontre qu'il dit avoir eue avec Agnès Le Roux, la falsification de documents et un "mobile avéré, l'argent".

Pour l'avocat, les accusations du fils de Maurice Agnelet, Guillaume, qui a désigné lundi son père comme étant le meurtrier d'Agnès, sont crédibles. "Je n'ai aucun doute sur ce qu'il a dit, avec ce que ça lui a coûté", a-t-il assuré.

"Ce qui tue plus que la vérité, c'est le secret, et j'ai vécu plus de 30 ans dans le secret", avait dit Guillaume Agnelet, en larmes, après avoir révélé des "aveux" de son père mais aussi des propos rapportés par sa mère dans le passé.

Pour ajouter à la tournure dramatique des événements, la mère de Guillaume, Annie Litas, a envoyé un SMS à son fils mercredi soir, lui assénant: "Tu vas pouvoir dormir tranquille avec la mort de ta mère sur la conscience", menaçant implicitement de se suicider.

La police italienne a ouvert une enquête sur la recherche de possibles restes humains près de Monte Cassino, au sud de Rome, où aurait été tuée Agnès Le Roux.

Maurice Agnelet a maintenu sa ligne de défense. "Non je n'ai pas tué Agnès", a-t-il répété, la voix étouffée par des sanglots.

La disparition d'Agnès Le Roux, 29 ans, remonte au 30 octobre 1977.

Quatre mois plus tôt, elle avait vendu ses parts dans le casino familial à un concurrent. La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom d'Agnelet.

Le verdict était attendu vendredi.

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