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Fabius à Cuba samedi, première visite de ce niveau depuis trente ans

10/04/2014 08:16 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius effectue samedi une visite officielle à Cuba pour relancer les relations dans un "contexte politique favorable", alors que l'île communiste vient d'entamer un dialogue de normalisation avec l'Union européenne.

M. Fabius, en provenance de Mexico, où il accompagne le président François Hollande en visite d'Etat, rencontrera son homologue cubain Bruno Rodriguez, qui lui avait adressé une invitation officielle lors de sa visite à Paris le mois dernier.

Il verra aussi l'archevêque de La Havane Jaime Ortega et devrait rencontrer plusieurs personnalités de la société civile, selon des sources diplomatiques.

La dernière visite d'un ministre français des Affaires étrangères à Cuba remonte à 1983. La venue de M. Fabius s'inscrit dans un contexte de détente avec l'UE, Cuba ayant accepté début mars la proposition de dialogue lancée par Bruxelles. Ce dialogue ouvre la voie à une normalisation des relations entre l'UE et le régime communiste cubain, en froid depuis dix ans, et vise à encourager La Havane à poursuivre les réformes en matière de droits de l'homme.

"Il y a une évolution dans la bonne direction" pour les droits de l'homme, estiment des sources diplomatiques françaises, citant la libération de prisonniers politiques et l'assouplissement des possibilités de voyager à l'étranger pour les Cubains. Ce dossier des droits de l'homme sera abordé par M. Fabius, ont assuré ces sources.

Les Etats-Unis, qui imposent depuis plus d'un demi-siècle un embargo commercial à Cuba, ont dit "respecter" cette visite de Paris à La Havane, qui est située à 150 km au sud de la Floride.

"Nous demandons aux pays du monde entier, y compris à la France, de soulever les sujets qui nous préoccupent, qu'il s'agisse des libertés d'expression et de la presse ou des questions relatives aux droits de l'homme", a commenté la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

Les gouvernements européens qui espèrent encourager les réformes dans l'île communiste "agissent de bonne foi", mais "nous pensons que le gouvernement de Cuba n'a pas la moindre volonté d'engager des réformes, qui sont urgentes", estimait cependant il y a peu le dissident cubain Elizardo Sanchez, président de la Commission nationale des droits de l'homme et de la réconciliation nationale (CCDHRN), illégale mais tolérée par les autorités cubaines.

Les relations bilatérales économiques seront également abordées. Les échanges commerciaux entre la France et Cuba sont modestes (280 millions d'euros annuels), avec une balance très favorable pour la France.

Une soixantaine d'entreprises françaises sont actives à Cuba par le biais de partenariats avec des entités cubaines, mais le seul investissement français d'importance est celui du groupe Pernod-Ricard.

Cuba est dirigée par Raul Castro, le frère de Fidel, qui lui a cédé le pouvoir en 2006.

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