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Explosion mortelle chez BEM: la CSST note plusieurs risques dans l'entreprise

10/04/2014 12:08 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) estime que les méthodes de travail et les équipements utilisés par le fabricant de feux d'artifice BEM, à Coteau-du-Lac dans Vaudreuil-Soulanges, exposaient les travailleurs aux risques d'une explosion.

Plusieurs de ces méthodes de travail et équipements n'étaient pas conformes aux normes réglementaires.

La CSST a rendu public, jeudi, son rapport d'enquête sur le décès de Nicole Brisson et Françoise Lacroix, le 20 juin 2013, lors de l'explosion, suivie d'un incendie, qui a complètement soufflé le bâtiment d'entreposage de pièces pyrotechniques professionnelles de BEM Souvenirs et Feux d'artifice.

Les deux victimes, qui étaient commis d'entrepôt, étaient assignées à différentes tâches de manipulation de pièces pyrotechniques à grand déploiement. Mme Brisson s'occupait de placer des pièces pyrotechniques dans des casiers de bois dans l'entrepôt tandis que Mme Lacroix préparait des assortiments de pièces pyrotechniques dans des boîtes qu'elle transportait dans le secteur de réception et d'expédition.

L'enquête de la CSST identifie de nombreuses pratiques qui représentaient un risque très élevé dans un tel milieu de travail.

«On a retenu six hypothèses, mais on ne peut pas déterminer s'il y en a une qui est à privilégier par rapport aux autres. Ça demeure des causes probables», a expliqué la porte-parole de la Commission, Claudia Matteau.

Ainsi, l'organisme note l'utilisation d'appareillages électriques non conformes, l'utilisation d'outils ferreux en présence d'explosifs, la présence de pièces pyrotechniques préamorcées et la possibilité de décharges d'électricité statique en ce qui a trait aux équipements et pratiques en milieu de travail.

Quant à la possibilité d'un simple et bête accident, les enquêteurs de la CSST soulèvent aussi qu'une pièce pyrotechnique aurait pu être échappée, ce qui aurait provoqué son amorce et son explosion, ou encore qu'une friction sur une mèche ait pu déclencher l'explosion d'une pièce pyrotechnique.

Une chose est déjà claire, toutefois: la CSST ne sera pas en mesure d'aller plus loin.

«On ne pourra jamais dire c'est telle ou telle cause puisque les lieux sont détruits et nos deux seuls témoins sont malheureusement décédés dans l'accident», a indiqué Mme Matteau.

La CSST a cependant exigé de l'employeur qu'il rende ses équipements ainsi que ses méthodes de travail sécuritaires et conformes aux obligations imposées par la Division de la réglementation des explosifs du gouvernement du Canada. La Commission n'écarte pas aussi la possibilité d'émettre un constat d'infraction assorti d'une amende, puisqu'elle a établi que certaines pratiques enfreignaient la réglementation.

«Pour le moment, il n'y en a pas, mais l'étude d'un constat d'infraction est toujours en cours à la CSST», a précisé la porte-parole.

De plus, la Commission informera les employeurs du domaine de la pyrotechnie et les autorités réglementaires canadiennes des conclusions de son enquête afin de prévenir la répétition d'une telle catastrophe.

L'explosion avait provoqué une onde de choc ressentie dans tout le secteur environnant et l'incendie, qui avait causé l'explosion de multiples pièces pyrotechniques, avait causé un immense panache de fumée visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

Tous les services d'urgence de la région avaient été mobilisés durant plusieurs heures pour lutter contre le féroce brasier. Le sinistre, situé en bordure de l'autoroute 20, avait forcé la fermeture de celle-ci, entraînant une congestion monstre.

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