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Côte d'Ivoire: le gouvernement réforme la commission électorale, l'ONU satisfaite

10/04/2014 02:36 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement ivoirien a annoncé la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), en charge des scrutins en Côte d'Ivoire, dont la composition était trop fortement favorable au pouvoir, à la satisfaction de l'ONU jeudi.

La réforme "extrait des organes" de la CEI "le groupements ou acteurs politiques dont le présence ne se justifie plus", ce qui fait perdre 18 membres à sa commission centrale, selon le projet de loi voté mercredi en conseil des ministres.

Celle-ci n'est plus composée que de 13 personnes, dont quatre sont nommées par la présidence et le gouvernement, trois par la majorité, trois par l'opposition et trois par la société civile.

La commission centrale de la CEI comptait jusqu'alors 31 membres, dont une toute petite minorité correspondait aujourd'hui à l'opposition ivoirienne.

La représentante spéciale de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), Aïchatou Mindaoudou, s'est "réjouie" jeudi de la décision prise par le gouvernement, dans un communiqué.

En février, Doudou Diène, un expert onusien, avait qualifié la CEI de "problème fondamental" à résoudre pour aboutir à une élection présidentielle "crédible" en octobre 2015 parce qu'elle "ne (reflétait) plus la réalité dans sa structure actuelle".

Le Front populaire ivoirien (FPI), principal parti pro-Gbagbo, qui avait critiqué à de multiples reprises la composition de la CEI, n'a pas souhaité commenter la réforme.

La CEI sera "beaucoup plus équilibrée", "toutes les forces vives" y étant représentées, a souligné Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement, interrogé par l'AFP.

Une telle réforme "fait preuve de bon sens", a-t-il estimé. "L'objectif est que les élections se passent de la meilleure manière possible. (...) Nous n'avons pas besoin de tirer la couverture à nous."

La CEI, contactée par l'AFP, n'a pas souhaité commenter cette réforme.

La Coalition de la société civile pour la réforme électorale, a de son côté dénoncé "avec vigueur" "la coloration politique" de la nouvelle commission, dans un communiqué.

"La dernière élection a été organisée par une CEI de forces politiques et de belligérants. On a vu à quoi ça a conduit", a réagi Pédan Marthe Coulibaly, une membre de cette coalition.

La Côte d'Ivoire a connu une décennie de crise politico-militaire, dont les violences postélectorales de 2010-2011 ont constitué l'épilogue.

Plus de 3.000 personnes sont mortes en cinq mois, après que le chef de l'Etat Laurent Gbagbo eut refusé de reconnaître la victoire de son adversaire, l'actuel président Alassane Ouattara.

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