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Cambodge: accord en vue pour mettre un terme à l'impasse politique

10/04/2014 08:38 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT

Le chef de l'opposition cambodgienne Sam Rainsy a annoncé jeudi être proche d'un accord avec le Premier ministre Hun Sen pour mettre un terme à son boycott du Parlement lié aux législatives contestées de juillet.

Selon les résultats officiels, le Parti du peuple cambodgien (CPP) au pouvoir, malgré son plus mauvais score depuis 1998, avait remporté ces élections avec 68 sièges contre 55 au Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) de Rainsy.

Mais l'opposition avait revendiqué la victoire, dénonçant des fraudes massives. Et ses députés boycottent l'Assemblée nationale issue du scrutin.

Rainsy a indiqué jeudi qu'après des négociations avec Hun Sen ces derniers jours, ils étaient parvenus à s'entendre sur certains "points importants".

Selon lui, le Premier ministre a accepté une réforme de la Commission électorale accusée de partialité par l'opposition. Des discussions ont également eu lieu autour de la demande de l'opposition d'avoir ses propres chaînes de télévision et de radio, mais il n'est pas clair à ce stade si cette requête a été satisfaite.

Mais aucun accord n'a été trouvé concernant la date des prochaines législatives, a souligné Rainsy. Hun Sen a proposé un scrutin en février 2018, soit cinq mois avant l'échéance prévue, mais "nous voulons que les élections aient lieu avant", au moins un an plus tôt, a-t-il précisé, espérant qu'une solution soit "une affaire de jours, au pire de semaines".

Le Premier ministre s'est lui aussi montré optimiste, évoquant la signature d'un accord dès vendredi, une éventualité toutefois rejetée par Rainsy.

Lundi, Hun Sen avait menacé le chef de l'opposition de poursuites, l'accusant d'avoir adressé au roi Norodom Sihamoni une lettre dans laquelle il aurait critiqué ce dernier pour avoir approuvé le nouveau parlement. Des experts ont vu cette menace comme une tentative de contraindre l'opposition d'envoyer ses députés siéger.

Depuis les élections de juillet, les partisans de l'opposition sont plusieurs fois descendus dans la rue pour réclamer un nouveau scrutin et plusieurs de leurs manifestations ont été réprimées par la force.

Hun Sen, au pouvoir depuis 1985 et qui a promis de s'y maintenir pendant au moins encore dix ans, fait face à une fronde grandissante, de l'opposition mais aussi des ouvriers du secteur textile - crucial pour l'économie du pays -, qui réclament de meilleurs salaires.

Début janvier, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur des ouvriers du textile en grève, faisant quatre morts. Toute manifestation a ensuite été interdite à Phnom Penh pendant plusieurs semaines.

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